Introduction à l'alimentation ménagère

La préoccupation première des propriétaires de chiens ayant opté pour une alimentation "maison" concerne l'équilibre nutritionnel : "mon chien aura-t-il assez de 'tout' ? Ne manquera-t-il pas de vitamines, de calcium, de protéines ?"

Composer une ration alimentaire équilibrée n'est pas chose facile... mais n'est pas non plus mission impossible, loin s'en faut. Il suffit d'avoir les bons outils. Hélas, nombreux sont les maîtres qui pensent encore que pour nourrir correctement son chien, l'idéal est de le nourrir comme le reste de la famille... humaine. Le métabolisme d'un canidé est fondamentalement différent de celui d'un hominidé (cf. Eléments de biologie canine). Ses besoins alimentaires sont donc eux aussi différents.

Un chien adulte en bonne santé doit se voir proposer un à deux repas par jour à heure fixe. Pour les grands chiens, il est vivement conseillé de scinder la ration journalière en deux (1/3 le matin, 2/3 le soir), ceci afin de limiter les risques de retournement d'estomac, pathologie mortelle et hélas relativement fréquente chez les chiens à cage thoracique large de type molossoïde ou berger allemand. Contrairement à une idée reçue, les torsions d'estomac ne surviennent pas qu'après un exercice violent. Près de la moitié des cas cliniques interviennent la nuit ou au réveil, alors que le chien est au repos. On connaît encore mal les causes de cet accident mais parmi les facteurs de risques identifiés on trouve : les repas trop copieux, l'excès de graisse dans la ration et le stress post-repas. Il semblerait que les chiens exclusivement nourris aux aliments industriels secs de type croquettes soient plus exposés que les autres à ce syndrôme, mais aucune preuve formelle n'a été apportée à ce jour.

A l'inverse, l'obésité semble toucher beaucoup plus fréquemment les chiens nourris à l'aliment industriel humide (boîtes) ou à la ration ménagère que les chiens nourris aux croquettes. Ceci est sans doute lié à un effet de mimétisme : "mon chien mange les mêmes aliments que moi, il est normal qu'il ait lui aussi droit à de petits extras..." Ainsi, bon nombre de propriétaires distribuent à leur animal des friandises grasses et sucrées plusieurs fois dans la journée, sans réaliser que ces 'extras' son tout sauf adaptés à l'alimentation de leur carnivore domestique. Les apports caloriques dépassent alors les dépenses énergétiques de l'animal, qui prend de l'embonpoint et développera tout ou tard des pathologies en rapport. Il faut savoir que l'obésité est source de perturbations hormonales importantes. Elle est le facteur déclenchant du diabète non insulino dépendant, de l'hypothyroïdie et de l'apparition de tumeurs de l'appareil reproducteur.

De nombreux régimes ménagers sont également déficitaires en calcium, ce qui conduit à un déséquilibre phospho-calcique dramatique dans le cas du chiot en croissance ou lorsque le chien adulte prend de l'âge. C'est par exemple le cas des régimes à base de poisson ou de viande crue (sans os) qu'on omet de rééquilibrer par un complément en sels minéraux (le rapport phospho-calcique doit toujours être compris entre Ca/P=1 et Ca/P=2).

Vous l'aurez compris, la bonne volonté ne suffit pas à nourrir son chien de façon rationnelle. Les articles et les tables de calculs préprogrammés du site vous guideront dans le choix et la composition d'une ration ménagère équilibrée.

 

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 18/02/2007