Le Choix des matières premières : matières animales, matières végétales et farines

Image Hosted by ImageShack.us  L'origine et la nature des matières premières animales autorisées dans les aliments commerciaux pour animaux domestiques fabriqués ou distribués dans les pays de la Communauté Economique Européenne sont définies par les règlements de la Commission Européenne. Ces règlements garantissent à l'acheteur qu'aucun produit ou sous-produit animal potentiellement à risque n'est utilisé pour la fabrication des aliments de son compagnon domestique. En effet, seuls les animaux ou parties d'animaux prélevées sur des carcasses déclarées propres à la consommation humaine sont exploitées. Ainsi, la législation européenne interdit rigoureusement l'utilisation en alimentation animale de produits ou sous-produits issus de l'équarrissage, d'un abattage d'animaux de rente malades ou d'animaux sauvages dont la cause du décès est inconnue. Dans cette même logique de sécurité sanitaire, les sous-produits autorisés excluent toute matière présentant « un risque pour la santé humaine ou animale », dont les ganglions, le contenu des boyaux (fèces) et le contenu de la vessie (urine). Le sang, les coquilles d'œuf, les plumes, les cornes, les sabots, les soies, la laine et la peau sont utilisables dans l'alimentation canine dès lors qu'ils ont fourni la preuve de leur innocuité. La France a par ailleurs assorti ces mesures européennes d'un cahier des charges gouvernemental propre aux aliments pour animaux domestiques arborant le label « bio » ou « éco » (aliments issus de l'agriculture biologique). Précisons enfin que les abattoirs français sont parmi les plus contrôlés d'Europe en terme d'hygiène et de sécurité sanitaire.
Reste malgré tout le problème des farines animales parfois incorporées aux aliments pour carnivores domestiques. Soumises aux mêmes exigences que tout autre matière animale sur le plan règlementaire, leur traçabilité laisse encore à désirer lorsqu'il s'agit de farines d'importation. Un rapport de commission d'enquête déposé devant le Sénat français le 11 mai 2001 fait précisément état de la difficulté à identifier la composition et l'usage de ces farines importées :
« La nomenclature combinée tarifaire européenne à 8 chiffres (NC8), qui désigne le produit sur ces déclarations, reprend le plus souvent les produits par grande famille et ne donne pas toute la précision voulue sur les marchandises échangées. La notion de farines animales carnées, de viande et d'os, correspond ainsi à deux codes particuliers :
- le code 02 10 90 90 comprend les « farines en poudre comestibles de viande ou d'abats ». Ces farines peuvent être indifféremment issues des espèces bovines, porcines, ovines... ;
- le code 23 01 10 00 comprend les « farines, poudres et agglomérés sous forme de pellets de viandes ou d'abats ». Cette position tarifaire relève du chapitre 23 de la nomenclature européenne consacré aux résidus et déchets des industries alimentaires et aliments préparés pour animaux. C'est la position la plus spécifique pour les farines animales, sans qu'elle permette d'identifier s'il s'agit de viande bovine, ovine, caprine ou de volaille, y compris les plumes.
Compte tenu de cette nomenclature douanière communautaire, il n'est pas possible de distinguer par les seules statistiques la composition des farines importées. Seuls les contrôles en entreprises, sur la base des factures et le cas échéant de demandes de renseignement aux Etats exportateurs ont permis de préciser la nature de ces farines.
En outre, la nomenclature douanière ne précise pas en général la destination ou l'utilisation des produits dans ses libellés.
»

Comme on l'a vu dans la rubrique « Alimentation Commerciale, L'information produit », les farines sont de toute façon qualitativement moins intéressantes que la viande fraîche. Les aliments à base de viande fraîche seront donc à préférer aux aliments à base de farine animale.

Les matières végétales utilisées dans les aliments industriels pour animaux domestiques sont les résidus de notre propre production agro-alimentaire. Cela signifie d'une part que les conditions dans lesquelles elles ont été cultivées et récoltées sont les mêmes que pour les matières végétales destinées à notre propre consommation. Mais cela signifie d'autre part qu'une partie de ces résidus contient des éléments potentiellement nocifs, puisqu'un taux de pesticides ou d'herbicides supérieur à la norme sanitaire acceptable en consommation humaine est un des motifs de reclassement des matières végétales dans la filière de production pour animaux domestiques. Parmi ces matières végétales, les céréales sont les plus utilisées en raison de leur faible coût de revient, de leur teneur en protéines et de leur teneur en fibres. Les plus digestes pour le chien sont le riz et le maïs. Les moins digestes sont le blé et le soja. Pour ce qui est des autres matières premières d'origine végétale sources de fibres et de protéines, les plus fréquemment utilisés sont la betterave (légume) et la pomme de terre (tubercule), présentant toutes deux une excellente digestibilité.

Comme l'a mis en évidence une enquête publiée par le Stiftung Warentest (une association de consommateurs allemands) en septembre 2006, il est très fréquent de trouver des mycotoxines dans les aliments pour animaux de compagnie (mais aussi, ce qui est plus grave, dans les céréales pour petits-déjeuners !). Ces toxines sont sécrétées par des champignons, qui se développent sur les végétaux, avec une très nette prédilection pour les céréales. L'Université Louis Pasteur de Strasbourg estime que 90% des contaminations aux aflatoxines (mycotoxines les plus dangereuses) concernent le blé et le maïs, largement utilisés en alimentation sèche pour animaux domestiques. La contamination des céréales par des mycotoxines au cours du stockage est courante mais difficile à détecter. L'AFSSA nous indique que ces mycotoxines résistent à une température de 250° et ne sont pas ou peu altérées par les procédés de déshydratation et de stérilisation. Elles se retrouvent donc en quantité plus ou moins élevée dans la gamelle de la majorité des chiens nourris à l'alimentation commerciale sèche. Il existe différentes sortes de mycotoxines, toutes toxiques pour les animaux monogastriques (dont l'homme et le chien). Certaines ont un effet toxique sur le foie et les reins, d'autres s'attaquent au système neurologique ou provoquent des dermatoses, d'autres encore, comme les aflatoxines, ont des propriétés mutagènes et cancérigènes (un agent est dit « mutagène » lorsqu'il est capable de provoquer la mutation d'un gêne et donc de pervertir l'information qu'il contient : selon les gènes affectés, il peut favoriser le développement de maladies auto-immunes et de cancers, provoquer des fausses couches ou aboutir à des maladies génétiques). A quelle dose ses substances sont-elles dangereuses pour les chiens ? En fait, nous n'en savons rien. Chez l'être humain, il a été avéré que la consommation de certaines de ces aflatoxines (heureusement rarissimes), même en très faible quantité, entraînait un empoisonnement immédiat avec risque mortel. Si la recherche a mis en évidence le fait que toutes les mycotoxines étaient dangereuses, les études se poursuivent pour isoler chacune de ces levures et évaluer dans le temps son impact réel sur la santé. En l'état actuel de nos connaissances, on suppose que la majorité des mycotoxines ne deviennent dangereuses que lorsqu'elles s'accumulent dans l'organisme. Lorsqu'on nourrit son chien avec un aliment sec, la meilleure façon de limiter les risques de contamination est donc de préférer un produit à base de riz, beaucoup moins touché par ces toxines que des céréales comme l'orge, l'avoine, le blé et le maïs.

Sachez enfin que si vous êtes opposé à la consommation d'OGM, vous n'aurez pas d'autre choix que de vous tourner vers un aliment labellisé « bio ». En effet, dans son n° 357 de janvier 2002, le magazine 60 Millions de Consommateurs nous explique que sur 9 aliments pour animaux domestiques testés, 9 contenaient des traces d'OGM, dont un au delà du 1% légal à partir duquel la présence d'OGM doit être signalée sur l'emballage.

 

Noter cette rubrique

10/10 sur 1 vote

Sélectionnez une note puis validez par "Noter"
Commentaire (0)
Aucun commentaire
Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

champ de sécurité

 



Dernière mise à jour de cette rubrique le 18/03/2007