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Les Odeurs De Là Bas

ENVOYE PAR RENE RANDO. 

Les odeurs de là bas

Sens-tu le frais parfum de la blanche anisette
Dans le verre embué ? Et celui des brochettes
Aux portes des cafés ? De là bas c'est l'odeur.
Me voici transportée sous l'oranger en fleurs
Des souvenirs, soudain, s'ouvre tout grand le livre
Quand toutes ces senteurs se mettent à revivre,
C'est un ciel éclatant d'azur et de vermeil
Une mer d'émail bleu ondulant au soleil
C'est la vigne naissant au sein des terres rouges
C'est midi si brûlant que l'ombre seule bouge
C'est l'ardente clarté courbant les floraisons
C'est la chaleur, la plage; c'est notre maison.

Respire à pleins poumons cette odeur généreuse
Et vois le bourricot sur la route poudreuse
Qui trotte résigné, chargé de lourds paniers
Qui lui battent les flancs. Retrouve les palmiers
Aux écailles brunies dont la houppe balance
Dans les cieux en fusion la verte nonchalance
Qui, respire bien fort les parfums de là bas
Et tu verras alors, emplissant les cabas
En tunique de sang, la tomate pulpeuse
L'orange ensoleillée et la grappe juteuse
Tu sentiras l'odeur des couscous épicés,
Des paëllas fumantes, des piments grillés,
Et l'arôme fruité de notre huile d'olive
La fragrance salée du rouget, de la vive
De la dorade rose au bout de l'hameçon
Dont on se mijotait des soupes de poissons
Vois les figues sucrées emplissant la corbeille
Près desquelles tournoient les friandes abeilles
Délaissant le jasmin langoureux, obsédant.
Nous mordions dans la vie, ensemble, à pleines dents

C'était la joie, le rire, c'était le bonheur !
Le passé contenu dans ces fortes senteurs
C'était les temps heureux, c'était notre richesse...
Car l'odeur de là bas, c'était notre jeunesse !

Odette TREMELAT LEGAY

Commentaires (3 Commentaires)
Anny - le mardi 21 août 2007, à 12:22
Merci à vous René, Khaled!
En dehors des souvenirs vécus, à chacun son époque! Il y a ceux des odeurs communs à tous! ces odeurs sont pourtant différentes selont l'endroit où l'on ce trouvait! En ville ou à la campagne. Moi la plus forte qui est en moi c'est celle de ces épices, (couscous,tagines et gâteaux Arabes) que je sentait dès que je passai le seuil de l'entrée de mon immeuble. Car là il y avait un appartement et des amis Arabes qui y habitaient et tenaient une boucherie. Je sifflottait en montant les escaliers, la porte s'ouvrai et là Mamamia!!! Ces odeurs! Une petite voix me disai Anny! ti viens jouer? Et moi: non je dois d'abord aller manger! puis faire la sieste. Ha! que oui que j'aurai bien manger chez eux (Mais cela à était fait plus d'une fois!). Et bien sûr les odeurs de brochettes à fort de l'eau!

NORDINE - le jeudi 17 mai 2007, à 21:12
Trés joli poème repris par René;en effet la mémoire olfactive joue un rôle prépondérant dans notre vie;chaque saison est marquée par ses propres odeurs et dans nos souvenirs,l'idée d'une odeur nous plonge dans la féérie du passé,car notre sub conscient ne garde que les bons souvenirs,c'est un peu ce qui est évoqué dans ces belles poésies.Bravo à René pour ce choix judicieux.

KHALED - le vendredi 11 mai 2007, à 18:39
Merçi à René RANDO pour cet envoi. Le texte est magnifique.

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 11 mai 2007

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