Un vautour se dorait au soleil d’Afrique
S’étant repu d’une goûteuse charogne.
Du sang dégoulinait de sa rouge trogne
Attirant des nuée de mouches et moustiques.
Soudain il avise, se tordant sur le sol,
Un asticot tout blanc un rien désemparé.
Le volatile aux plumes, de sang parées,
S’en approche bruyamment d’un très bref envol.
« Hé ! Misérable vermisseau, tu es perdu ?
L’astre du jour va te cuire et pour le coup
Sur la latérite tu ne ramperas plus beaucoup
Quand, mon amie, sera venu chercher son dû ».
« Ce camarade serait-il aussi un oiseau ? »
Demande le petit vers de sa voix menu.
« Serait-t-il tenté de me mettre au menu
Ce représentant de votre amical réseau ? ».
« Non mon cher petit, c’est de la mort qu’il s’agit,
Celle qui m’apporte tous les jours ma pitance
Quand, vers son port, un animal est en partance
Et que sur la terre sa carcasse soudain gît ».
« Votre amie est aussi la mienne qui me gâte
Car quoiqu’il arrive, qui donc a le dernier mot ?
C’est moi, vautour, le minuscule asticot.
Qui nettoie les chairs jusque sous vos papattes »
A ces mots le vautour ulcéré le gobe
Et s’élance vers le ciel de ses grandes ailes,
Seigneur de l’espace, sombre tourterelle,
Saigneur d’un domaine que le soleil englobe.
Quand on est petit, même si juste est la cause,
Il arrive souvent que l’injustice vous broie
Quand on tient tête à beaucoup plus puissant que soi
Et c’est celui-la alors qui, sa loi impose