Napoléon III
Napoléon III

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Amis du patrimoine Napoléonien

Portrait de Louis-Napoléon Bonaparte

Prince-Président


1e président de la République
Parti politique: Parti de l'Ordre
Élu le 10 décembre 1848
Présidence: (20 décembre 1848)-(2 décembre 1852)
Prédécesseur: pas de président avant lui
Successeur: Adolphe Thiers, indirectement
Naissance: 20 avril 1808 à Paris
Décès: 9 janvier1873
Nature du décès: Mort naturelle
Deuxième République (France)


Le 4 juin 1848, il est élu (dans 4 départements) et siège à l'Assemblée en septembre. À la suite de la promulgation, le 4 novembre 1848, de la Constitution de la II e République, il est candidat à l'élection présidentielle, la première au suffrage universel masculin en France. Il est élu pour quatre ans le 10 décembre 1848, avec près de 75 % des voix, issues notamment du parti de l'Ordre, profitant de la division des gauches et de la faiblesse du niveau d'instruction, certains paysans ayant cru voter pour Napoléon Ier.
Le 20 décembre 1848:
il prête serment à l'Assemblée constituante et s'installe le soir même à l'Élysée.

La campagne électorale de 1848: Gravure illustrant Louis-Napoleon contre Cavaignac, publiée en Allemagne dans l'Illustrierte Zeitung

La campagne électorale de 1848: Gravure illustrant Louis-Napoleon contre Cavaignac; publiée en Allemagne dans l'illustrierte Zeitung.


La Constitution de 1848 limite largement les pouvoirs du Président qui est soumis soit à l'Assemblée soit au Conseil d'État. La présidence de Louis Napoléon est ainsi marquée par son opposition à la politique conservatrice de l'assemblée élue en mai 1849 : envoi à Rome des troupes pour mater une rébellion contre le Pape ; vote de la loi Falloux, favorable à l'enseignement religieux...
Le 31 mai 1850, l'Assemblée vote une loi électorale qui abolit le suffrage universel masculin en imposant une résidence de trois ans pour les électeurs ce qui élimine 3 millions de personnes du corps électoral dont des artisans et des ouvriers saisonniers. En s'opposant à cette réforme, Louis Napoléon fait figure de héros pour le peuple.


Au début de l'année 1851, Louis-Napoléon fait pression pour augmenter la durée de son mandat tandis que l'Assemblée Nationale est opposée à tout projet de révision constitutionnelle.


Coup d'État du 2 décembre 1851
Dans la nuit du 1er au 2 décembre 1851, soit 47 ans jour pour jour après le sacre de Napoléon Ier et 46 ans après la bataille d'Austerlitz, un décret dissout l'Assemblée nationale et rétablit le suffrage universel. Malgré quelques soulèvements, dans certains départements comme l'Yonne, les Basses-Alpes, le Var et le Lot-et-Garonne, vigoureusement réprimés, le coup d'État est approuvé par le peuple et le plébiscite des 20 et 21 décembre 1851 sur les nouvelles institutions reçoit une majorité d'avis favorables.
En janvier 1852, une nouvelle constitution étend le mandat du président à 10 ans.


Empereur

L'impératrice Eugénie et le prince impérial

L'impératrice Eugénie et le prince impérial

Politique étrangère
À l'occasion de la guerre de Crimée, (1854-1856) Napoléon III confirme le retour de la France dans la vie politique européenne avec plus ou moins de succès. L'empereur connaît des réussites dans un premier temps d'autant plus qu'il doit composer avec une haute administration et des diplomates majoritairement monarchistes et opposés au césarisme de Napoléon III. Cela renforce l'isolement de l'Empereur alors que les personnels étrangers et métropolitains ne sont pas mis forcément au courant de la ligne politique du gouvernement de Napoléon III.

Napoléon III par Hippolyte Flandrin

Napoléon III par Hippolyte Flandrin


La politique arabe de Napoléon III - Il se rend en personne à Alger pour promouvoir son modèle de développement colonial. Pour Napoléon III les colonies doivent être rattachées à la personne de l'Empereur et non pas à la France directement. Il déclare à Alger :" Je suis l'empereur des Français et des Arabes". Ainsi pressent-il, avec près d'un siècle d'avance, le modèle de la communauté unie par la personne du souverain, telle que le réalisera le Commonwealth britannique.
La politique italienne de l'Empereur - en faveur de l'unification et au détriment de l'Autriche - permet à la France d'annexer, après plébiscite, le comté de Nice et la Savoie (1860), l'empereur ayant « payé de sa personne » pendant la campagne d'Italie.
L'échec de l'Expédition du Mexique (1861-1867) et l'attitude de neutralité monnayée (politique des « pourboires ») face aux conflits entre l'Autriche et la Prusse affaiblit le régime et met fin à cette politique étrangère volontariste de l'Empereur alors que celui-ci commence à être rongé par la maladie et par les discordes de son entourage.


Politique intérieure

Blason du Second Empire

Blason du Second Empire


Sous l'Empire, la France connaît des années de progrès économiques (création d'un système bancaire, développement des chemins de fer, transformation des grandes villes). Napoléon III est influencé par les idées saint-simoniennes de son proche conseiller Michel Chevalier.
Influencé par son séjour à Londres, Napoléon III décide de transformer Paris et d'en faire une grande capitale européenne, salubre et fonctionnelle. Il confie au baron Haussmann le chantier de Paris. L'Empereur veilla de très près au tracé des nouveaux boulevards, de nouveaux édifices (dont le Palais Garnier qu'il ne vit jamais abouti), au développement du réseau des égouts et surtout à la constructions de dizaines de nouveaux squares et espaces verts (Montsouris, Buttes-Chaumont, Boucicaut ...). Ces travaux du Second Empire ont modelé le visage du Paris du XXe siècle. Parallèlement, il encourage cette politique dans les autres grandes et moyennes villes de France, de Lyon à Biarritz en passant par Dieppe (les nombreuses rues impériales alors tracées sont souvent par la suite rebaptisées "rue de la République").

Wagon privé de Napoléon III, utilisé lors de ses déplacements sur les chemins de fer français alors en plein essor

Wagon privé de Napoléon III, utilisé lors de ses déplacements sur les chemins de fer français alors en plein essor


À partir des années 1860, le régime connaît son tournant libéral.
Capitale de l'Europe au même titre que la Londres victorienne, Paris accueille de grandes réunions internationales telles que l'Exposition universelle de 1855 et celle de 1867. Membre du gouvernement impérial de 1863 à 1869 en tant que ministre de l'Instruction publique, l'historien Victor Duruy ouvre l'enseignement secondaire aux jeunes filles, et s'efforce de développer l'enseignement primaire, en dépit de l'hostilité de l'Église catholique qui craint une perte de son influence. Il fait enseigner l'histoire contemporaine, jusque-là délaissée au profit de l'étude de l'Antiquité.

Napoléon III en 1857 par Franz Xaver Winterhalter

Napoléon III en 1857 par Franz Xaver Winterhalter


En 1869, Napoléon III fait appel à un nouveau "premier ministre" de fait, Emile Ollivier, issu des bancs de l'opposition républicaine à l'Assemblée nationale. C'était la reconnaissance du principe parlementaire.
Ollivier constitua alors un gouvernement d'hommes nouveaux en associant bonapartistes libéraux (centre droit) et orléanistes ralliés à l'Empire libéral (centre gauche), mais en excluant les bonapartistes autoritaires (droite). Il prit lui-même le ministère de la Justice et des Cultes, le premier dans l'ordre protocolaire et apparut comme le véritable chef du ministère. Cherchant à concilier ordre et liberté, il convainc l'Empereur de procéder à une révision constitutionnelle d'ensemble pour mettre sur pied un système semi-parlementaire. Un sénatus-consulte proposant un régime plus libéral est soumis à l'approbation du peuple lors d'un plébiscite (le troisième depuis 1851) : le 8 mai 1870, les réformes sont approuvées avec plus de 7 millions de "oui" en dépit de l'opposition des monarchistes légitimistes et des républicains qui ont appelés à voter "non" ou à s'abstenir.
C'est ainsi que se met en place la constitution du 21 mai 1870.
Les procédés de candidature officielle furent abandonnés et le préfet Haussmann, jugé trop autoritaire, fut renvoyé.
Cependant, lâché par les républicains et contesté par les bonapartistes autoritaires, Ollivier était de plus en plus isolé et ne se maintenait plus que grâce à la faveur de Napoléon III.


Guerre de 1870

Napoléon III et Otto von Bismarck,  Après la défaite de Sedan, entrevue avec Bismarck à Donchery 1870

Napoléon III et Otto von Bismarck, Après la défaite de Sedan, entrevue avec Bismarck à Donchery 1870


Bien que tous deux personnellement favorables à la paix, Ollivier et Napoléon III se laissèrent dépasser par les partisans de la guerre dont l'Impératrice Eugénie. Ollivier et Napoléon III se rallièrent tous deux à l'opinion majoritaire pro-guerre exprimée au sein du gouvernement et au parlement, y compris chez les républicains, les plus résolus à en découdre avec la Prusse.
À la suite de tensions avec la Prusse à propos de la succession d'Espagne et abusée par la fameuse Dépêche d'Ems - version dédaigneuse par Bismarck, d'une annonce polie de Guillaume de Prusse -, la France déclare la guerre à la Prusse. Débute la Guerre franco-allemande de 1870.
Les premiers revers sont imputés à Napoléon III et à Ollivier, fournissant à la Chambre l'occasion de renverser Ollivier, à une écrasante majorité, le 9 août 1870, laissant l'Empereur seul sur la ligne de front, qu'elle soit politique ou militaire.
Le 2 septembre 1870, Reddition après la défaite de la bataille de Sedan. Il tente de négocier avec Bismarck prés du village de Donchery, il assiste avec le Roi Guillaume de Prusse à l'acte de reddition de l'armée française au château de Bellevue situé prés de Frénois au sud de Sedan.

En mars 1871, l'Empereur déchu s'exile en Angleterre.

Un règne florissant

Timbre à l'effigie de Napoléon III

Timbre à l'effigie de Napoléon III


Mal connu de nos jours, le Second Empire correspond pourtant à l'une des plus formidables époques de développement et de prospérité que la France ait connue. Au niveau économique, le pays s'est doté d'infrastructures modernes d'un système financier, bancaire et commercial novateur et a rattrapé en 1870 son retard industriel sur le Royaume-Uni, en partie grâce à la politique volontariste de l'empereur et à son choix du libre-échange. Au niveau de l'urbanisme, Napoléon III est le commanditaire des travaux d'Haussmann à Paris, qui ont fait de cette ville réputée pour sa saleté au milieu du XIXe siècle l'une des plus belles capitales du monde.
Cette période fut aussi très productive au niveau littéraire, de Flaubert à Sand ou aux frères Goncourt (Edmond et Jules). L'Opéra Garnier illustre l'importance accordée au monde du spectacle, élément de la « fête impériale ». Passionné d'histoire (on lui doit une monumentale "Histoire de Jules César"), l'Empereur a aussi joué un rôle-clef dans la mise sur pied d'une véritable archéologie nationale, avec la création du musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye et l'essor donné aux fouilles de Gergovie Alésia et Bibracte.


Les progrès sociaux furent aussi indéniables: droit de grève et d'organisation des salariés (ancêtres de syndicats) accordés en 1864, élévation du niveau de vie des ouvriers et des paysans, soupes populaires organisées pour les pauvres, premiers systèmes de retraites et d'assurance-handicap pour les ouvriers, développement de l'éducation de masse, notamment pour les filles sous l'impulsion de l'impératrice Eugénie, qui a aussi fortement soutenu les travaux de Louis Pasteur et de Ferdinand de Lesseps, qui aboutiront respectivement au vaccin contre la rage et au canal de Suez, inauguré en 1869.


Citations:

Maîtresses
Napoléon III eut de nombreuses maîtresses parmi lesquelles:
Elizabeth-Ann Haryett, dite Miss Howard (finance sa campagne électorale de 1848), Armance Depuille (1830-1913), épouse de François Isidore Depuille, dont Benoni Depuille Pascalie Corbière , qui était la nourrice des enfants bâtards impériaux, épouse de Auguste Corbière, deuxième cocher de l'empereur, dont Christian Corbière Virginia Oldoini, Comtesse de Castiglione (1837-1899) célèbre courtisane italienne du XIXe siècle qui devint la maîtresse de Napoléon III en 1856-1857 Melle Sauvez, une picarde, avec qui il eut une relation durant son emprisonnement à Ham.

Le père Duchêne Illustré n°8 le 27 Floréal 79 / 17 mai 1871

Le père Duchêne Illustré n°8 le 27 Floréal 79 / 17 mai 1871


Napoléon III était surnommé par ses opposants L'homme du 2 décembre, Napoléon le Petit ou encore Naboléon (Victor Hugo), Boustrapa (de ses trois coups d'état : BOUlogne, STRAsbourg et PAris) ou encore Badinguet (du nom du peintre sous le déguisement duquel il s'échappa de la forteresse où il était détenu).
Durant son règne Napoléon III fut beaucoup caricaturé. Ci-contre, Napoléon III en chauve-souris soupesant Thiers et la République. Allusion à la position de Napoléon III au moment de la Commune de Paris.

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 19/05/2008

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