Le christianisme s'est développé à partir du Ier siècle de notre ère dans le contexte des communautés juives du Moyen-Orient et en particulier les communautés juives hellénisées.
Le nom « christianisme » vient du mot Christos, qui traduit l'hébreuMessie (« celui qui a reçu l'onction »). Ce mot, originellement appliqué à différents personnages de la Bible (prophètes
et rois), désigne dans le judaïsme tardif un personnage qui viendra à la fin des temps
restaurer la royauté de Dieu en Israël. Il est, depuis, quasi-exclusivement réservé à Jésus.
Jésus est le fondement du christianisme, mais il n'en est pas nécessairement le fondateur au sens historique : le débat est encore ouvert sur le fondateur du christianisme "Paul ou Jésus", d'un point de vue théologique ; mais surtout, d'un point de vue historique, le christianisme ne naît pas du vivant de Jésus. Deux écoles se partagent chacune un consensus : le christianisme naît avec l'introduction de la Birkat-ha-Minim dans la amida. Pour d'autres, le christianisme commence avec la dogmatisation des IVe et Ve siècles.
L´expansion du christianisme primitif
Les chrétiens, d'abord petite minorité disciple de Jésus, se répandirent surtout à l'ouest de l´empire romain en occident, en s'appuyant sur les colonies juives préexistantes de l'Empire.
Au Ier siècle, les chrétiens en Occident sont très peu nombreux. Ils grossissent la communauté d'Alexandrie déjà importante, et s'installent dans le Maghreb, jusqu'en Espagne et en Gaule.
Dans l'Empire romain, les autorités ne font pas une différence très nette entre juifs et chrétiens, qui ne sont perçus que comme une secte juive, au point qu'on a pu réviser les atrocités attribuées à Néron.
La conversion de Constantin et la christianisation de l'Empire romain. Avec la conversion au christianisme de l'empereur Constantin, les persécutions contre les chrétiens s´arrêtèrent. Vers la fin du IVe siècle, le catholicisme devient la religion officielle de l'Empire romain, remplaçant ainsi le culte romain antique. Cette date marque symboliquement le début de la chrétienté : période de l'histoire de l'Europe où le christianisme est la seule religion admise.
Cette victoire sur le paganisme antique s'accompagna d'une réinterprétation de la philosophie, notamment celle de Platon, dans le sens de la nouvelle foi, et de l'utilisation de nombreux motifs mythiques du monde ancien pour l'inculturation du christianisme dans le respect de la tradition apostolique.
Expansion du christianisme dans le monde
À partir de la découverte de l'Amérique par les Européen en 1492, l'expansion du christianisme a été parallèle à l'expansion coloniale.
L'activité de mission a souvent été considérée par les puissances coloniales comme un instrument permettant d'introduire les intérêts occidentaux, voire de légitimer des interventions politiques ou militaires.
Mais cette cohabitation n'alla pas sans heurts, l'Eglise heurtant directement de front les intérêts coloniaux quand elle affirme que la dignité de l'homme doit être défendue (comme dans la célèbre controverse de Valladolid). En Martinique, les âmes pieuses durent se battre pour obtenir que les secours de la religion soient apports aux esclaves.
Les rites indiens ou africains ne furent plus officiellement tolérés, mais le Candomblé et nombre de cultes vaudous témoignent d'un syncrétisme et de la perduration des cultes africains ou indiens. Spécifiquement, les christologies indiennes témoignent que ces cultes n'ont jamais disparu.
Les Églises chrétiennes
Le mot "chrétien" n'est pas le mot utilisé habituellement par le Nouveau Testament pour désigner les disciples de Jésus. Ceux-ci s'appellent, ou sont appelés, "La Voie", "l'Église", "les Églises" ou "les Nazaréens" (du nom de Nazareth, la ville d'origine de Jésus). Le livre des Actes des Apôtres nous apprend que c'est à Antioche, donc dans une ville de langue grecque, que l'on donna pour la première fois aux disciples le nom de "chrétiens". Sans doute ce nom n'a-t-il servi à l'origine que pour désigner ceux des disciples de Jésus qui étaient de langue grecque ("chrétien" signifie "disciple du christos", terme grec équivalent à messie).
Dans le premier siècle du christianisme, la prédication de Jésus a été reçue de manière sensiblement différente selon les cultures et les communautés. Un écho de ces différences se perçoit dans les textes du Nouveau Testament et la diversité de leurs présentations de cette prédication. Les divergences sont plus importantes encore quand on prend en considération l'abondante littérature dite apocryphe, dans laquelle se reflètent les convictions d'Églises dont on a aujourd'hui perdu le souvenir.
Ces différences de compréhension de la prédication et de la personne de Jésus ont été à l'origine de conflits internes au christianisme et à la création de nombreuses hérésies, chaque Église locale considérant comme hérétiques les traditions et les dogmes retenus par les autres mais qu'elle rejetait. La nécessité de s'entendre sur un langage commun sur Dieu et sur Jésus est donc apparue très tôt, d'où la pratique des "lettres de communion", lettres délivrées par une Église pour assurer qu'un de ses membres en voyage est bien dans la communion de toute l'Église.
Le dialogue entre chrétiens et juifs
Le premier schisme chrétien est en un sens la séparation d'avec le judaïsme, au concile de Jérusalem, vers l'an 50. Dans la perspective catholique depuis Vatican II, qui s'appuie sur la littérature néo-testamentaire (ainsi la Lettre aux Romains), la première Alliance reste valable.
Cette attitude est celle de la plupart des Églises issues de la Réforme.
Certaines dénominations protestantes envisagent encore la nécessité de convertir les juifs.
Les Églises pré-chalcédoniennes
Avec la paix constantinienne et l'accès au culte chrétien parmi les cultes reconnus de l'Empire, le pouvoir politique a pris l'initiative de réunir des assemblées d'évêques (conciles) pour régler les différends. Lorsque la majorité des évêques s'accordait sur un point, les évêques minoritaires ne choisissaient pas forcément d'adopter la formulation retenue.
C'est ainsi que sont nées, après le Concile de Chalcédoine (451) (voir l'article christologie), les Églises dites pré-chalcédoniennes ou monophysites ; parmi elles : les Chaldéens, les Syro-Malabars de l'Inde, les Nestoriens.
La séparation de l'Orient et de l'Occident
La chute de l'Empire romain d'Occident, puis la conquête progressive de la partie orientale de l'Empire par les Musulmans, ont eu pour résultat de diviser les deux parties du bassin méditerranéen. On retient souvent la date de 1054 comme celle de la séparation des Églises ; la réalité a été plus nuancée, l'excommunication réciproque lancée alors par le pape de Rome et le patriarche de Constantinople s'inscrivant dans une longue suite de conflits. La rupture a en fait été consommée au XIII° siècle lorsque les Croisés "latins" ont pillé Constantinople et déposé le patriarche. Une tentative d'union au Concile de Florence au XV° siècle n'a pas eu de résultat. L'occupation de Constantinople par les Turcs a aggravé le fossé culturel qui s'était installé entre les Églises, Catholiques d'un côté, orthodoxes de l'autre. La différence entre catholiques et orthodoxes concerne surtout l'organisation de l'Église, les orthodoxes ne reconnaissant pas l'autorité du pape sur l'ensemble de l'Église.
Les Églises issues de la Réforme
Le courant protestant a son origine dans la Réforme instaurée par Martin Luther au début du XVI° siècle, un ancien moine révolté par les abus de l'Église et proposant une réinterprétation de la foi chrétienne. Ce courant a donné naissance à de nombreuses Églises : voir le schéma des branches du christianisme proposé en complément de ce chapitre.
Les autres Églises
Les autres Églises chrétiennes sont nées au XIXe siècle aux États-Unis (voir Branches du christianisme) et ne sont pas reconnues comme chrétiennes par le Conseil œcuménique des Églises.
Ces Églises sont répertoriées en fin d'article (voir Tableaux récapitulatifs).
Le dialogue œcuménique
L'œcuménisme est la volonté de bâtir une Église unique. C'est d'abord la nécessité d'une meilleure coopération entre Églises protestantes qui a amené, à la fin du XIXe siècle, les premières tentatives de dialogue inter-confessionnel. En 1948, ces dialogues ont donné naissance au Conseil œcuménique des Églises (COE).
Dès 1927, plusieurs Églises orthodoxes ont participé au travail œcuménique de la conférence mondiale Foi et Constitution. Elles ont rejoint en 1961 le COE.
Avec le Concile Vatican II, en 1962, l'Église catholique s'est engagée dans le dialogue œcuménique. Elle n'est pas membre du COE pour des raisons doctrinales (par exemple, l'Église catholique ne parle pas d'"Églises" pour les protestants mais parle de "confessions") et de taille (elle représente à elle seule plus de fidèles que tous les autres membres du COE).
Ce qui ne l'empêche pas de participer à divers travaux de recherche œcuméniques.
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