Christophe Colomb |
Né le 31 octobre 1451,probablement à Gênes - décédé le 20 mai 1506 à Valladolid, Espagne), en tant que navigateur au service des Rois catholiques espagnols Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon, qui le nomment amiral et vice-roi des Indes, est le premier européen de l'histoire moderne à traverser l'océan Atlantique et à découvrir une route aller-retour entre le continent américain et l'Europe.
Ses quatre voyages marquent le début de la colonisation de l'Amérique par les européens. Ils font de lui un personnage essentiel des Grandes Découvertes des XVe siècle et XVIe siècle, considérées comme l'étape majeure entre le Moyen-Âge et les temps modernes.
Bien qu'aujourd'hui universellement connu comme l'homme qui a « découvert » l'Amérique, où il accoste pour la première fois le 12 octobre 1492, il meurt en disgrâce et toujours persuadé d'avoir atteint les Indes, le but originel de son expédition.
Biographie
Origines et jeunesse
Le lieu de naissance de Colomb est incertain mais il est aujourd'hui considéré comme d'origine ligure, des environs de Gênes. Cette origine génoise du navigateur est établie au sein de la communauté des historiens depuis la fin du XIXe siècle, et plus exactement en 1892 pour le 400e anniversaire de sa découverte de l'Amérique.
Christophe Colomb serait né en 1451 de Domenico Colomb et Suzana Fontanarossa, dans la république de Gênes. Une maison dite natale de Colomb se trouve aussi à Calvi, en Haute-Corse, citadelle génoise à l'époque. Son frère est Bartolomeo Colomb.
Il est très tôt influencé par le Livre des merveilles du monde, écrit par le chevalier anglais Jean de Mandeville entre 1355 et 1357 (pendant la guerre de Cent Ans, à son retour de voyage en Extrême-Orient, à partir de ses propres observations et de récits de missionnaires franciscains et dominicains.
Jean de Mandeville fit un voyage en Égypte, en Palestine, en Inde, en Asie centrale et en Chine, entre 1322 et 1356 (soit sur une période de 34 ans, ce qui était considérable pour l'époque). Le livre des merveilles du monde (à ne pas confondre avec le devisement du monde dicté en prison par Marco Polo) fut diffusé dans la société occidentale à 250 exemplaires en de nombreuses langues vernaculaires.
Même si Jean de Mandeville fut parfois qualifié d'affabulateur de génie ou d'imposteur par certains commentateurs continentaux en raison de ses plagiats, son livre eut certainement une grande influence en Occident.
Colomb avait aussi un exemplaire de l’Imago mundi du cardinal Pierre d'Ailly (1410) qu'il a abondamment commenté en marge.
Débuts dans la marine (1476)
En 1476, il embarque sur un convoi en partance pour Lisbonne puis l'Angleterre.
Le convoi est attaqué par les Français et Christophe Colomb se réfugie dans la ville portugaise de Lagos puis part chez son frère, cartographe à Lisbonne. Il épouse en 1479 Dona Felipa Perestrello Moniz d'une famille de noblesse portugaise, fille de Bartolomeu Perestrelo, un des découvreurs des îles de Madère et de Porto Santo, avec qui commença la colonisation en 1419-1420.
Felipa meurt peu de temps après la naissance de leur seul fils, Diego Colomb, qui est né en 1480 sur l'île Madère. Christophe Colomb se perfectionne alors dans les sciences de la navigation, avec les cartes que son épouse avait apportées en dot : les cartes des vents et des courants des possessions portugaises de l'Atlantique qui appartenaient à Bartolomeu Perestrelo en voyageant notamment pour le roi portugais en Afrique.
Le projet de voyage aux Indes « outre-Atlantique »
C'est aux alentours de 1484 que l'idée de passer par l'Atlantique pour aller aux Indes lui vient (« rejoindre le Levant par le Ponant »).
Le jeune navigateur est loin d'être le seul à penser à une telle chose. Une partie de la communauté scientifique de l'époque croit en la probabilité d'une telle expédition grâce notamment aux écrits de Ptolémée qui a même fait des estimations sur la distance à parcourir : 16 090 km. La distance, très largement fausse, paraît trop importante à Colomb qui la réduit à 2 414 km.
Le futur explorateur n'est pas au bout de ses peines. Un groupe d'experts choisi par le roi Dom João II rejette son projet. Colomb se tourne alors en direction des chefs d'États rivaux du Portugal. Il est reçu par Isabelle de Castille en 1486, mais une réponse négative lui est à nouveau rendue en 1490.
En 1491, sa demande est en passe d'être acceptée mais sa trop grande ambition fait échouer sa quête, il veut notamment être vice-roi de toutes les terres découvertes et obtenir un titre de noblesse.
C'est grâce à l'insistance du conseiller du roi Ferdinand que le projet est approuvé par la reine notamment aux vues des possibles retombées économiques : la découverte d'une nouvelle route vers les Indes qui permettrait de s'affranchir des intermédiaires orientaux.
Le Ier voyage (1492-1493)
Le 3 août 1492, Colomb est au départ à Palos de la Frontera (Huelva) avec 3 navires - 2 caravelles, la Pinta et La Niña, et une nef, la Santa Maria - et pas plus de 90 membres d'équipage. Une première escale a lieu aux Canaries, à Las Palmas de Gran Canaria du 9 août au 6 septembre, (la route du sud a été choisie pour éviter les croisières portugaises au large des Açores), mais les tensions se font déjà ressentir entre Colomb et ses marins.
Le 12 octobre, après une longue traversée, la terre est en vue, et Colomb la baptise du nom du Christ : San Salvador (Guanahani). Première rencontre avec les indigènes que Colomb nomme « Indiens » d'après la conception du continent qu'il croyait aborder ; ceux-ci lui indiquent que de l'or se trouve sur une grande île au Sud-Est.
Le 23 octobre, Colomb perd de vue la Pinta, il accuse alors son capitaine Martin Alonzo Pinzón d'avoir déserté.
Le 28 octobre, Colomb découvre Cuba, qu'il nomme Juana en l'honneur de la fille des rois catholiques. Il pense connaître parfaitement sa position sur le continent asiatique.
À la suite d'un coup de vent Colomb perd la Santa Maria dans la nuit du 25 au 26 décembre 1492. Il doit se résoudre à laisser 39 hommes sur place dans un petit fortin construit dans la baie de La Navidad.
Le IIe voyage (1493-1496)
Il prépare rapidement une nouvelle expédition beaucoup plus ambitieuse avec une flotte de 17 navires et environ 1 500 hommes dont 700 colons et 12 missionnaires ainsi que des chevaux, des bêtes de somme et du bétail. Son objectif est de fonder une colonie sur Hispaniola et de retrouver les 39 hommes de la Santa Maria qu'il a dû laisser.
Il lève l'ancre pour ce nouveau voyage le 25 septembre 1493 de Cadix, redevenue espagnole et chrétienne depuis son premier départ.
La première terre qu'il aperçoit, 21 jours après avoir quitté les Canaries est La Désirade qu'il baptise ainsi Desirada, tant la vue d'une terre fut désirée par l'équipage.
Les autres îles ne sont pas loin.
Le dimanche 3 novembre 1493, une autre île est en vue, que Colomb nomme Maria Galanda (Marie-Galante), du nom du navire amiral.
Une troisième se présente à l'horizon, ce sera Dominica (la Dominique) puisqu'elle apparaît un dimanche matin, où il débarquera.
Le lendemain matin, 4 novembre, ils reprennent la mer vers une île plus grande dont ils avaient aperçu au loin les montagnes.
Colomb décide alors de jeter l'ancre devant cette île afin d'accorder quelques jours de repos à ses hommes.
C'est l'île de Caloucaera "Karukera" (nom donné par les Caraïbes) et qui fut rebaptisée "Santa Maria de Guadalupe de Estremadura" (c'est la Basse-Terre de la Guadeloupe), pour honorer une promesse (donner le nom de leur monastère à une île) faite à des religieux lors d'un pèlerinage, ou qu'il s'était faite à lui-même lors des tempêtes de son précédent retour.
Puis il repart vers le nord en direction d'Hispaniola. Il aperçoit ensuite une petite île qu'il baptise Montserrat, du nom du massif de Montserrat, une montagne voisine de Barcelone où se trouvent un sanctuaire et un monastère bénédictin en l'honneur de la Virgen de Montserrat.
Le 11 novembre 1493, jour de la fête de saint Martin de Tours, la flotte aperçoit une île au large et la baptise du même nom : Saint-Martin, et aperçoit à l'horizon une autre petite île qu'il baptise du nom de son frère Bartolomeo, Saint-Barthélemy.
Il part avec une flottille vers l'ouest où il découvre en avril 1494 Porto-Rico puis la Jamaïque.
À Hispaniola, les Espagnols organisent une grande chasse à l'esclave et rassemblent 1500 Arawaks (hommes, femmes et enfants), qu’ils parquent dans des enclos sous la surveillance d’hommes et de chiens. 500 d’entre eux sont embarqués vers l’Espagne, 200 meurent pendant la traversée, et les survivants sont mis en vente dès leur arrivée. Colomb vend chaque indien pour 5000 maravedis.
Le IIIe voyage (1498-1500)
Territoires visités : Saint-Vincent, Grenade, Trinidad, Margarita, Venezuela.
Le 31 août 1498, il arrive enfin à Hispaniola. Cela fait deux ans et neuf mois qu'il avait quitté l'île. Il la retrouve en pleine anarchie. Une rébellion contre l'amiral est organisée par Francisco Rodãn.Les espagnols ont amené des esclaves noirs dans leurs caravelles.
Le IVe voyage (1502-1504)
Le 15 juin 1502, il passe à proximité de la Martinique qu'il avait peut-être aperçue lors de son second voyage.
Colomb se trouve en face de l'isthme du Panama qu'il prend pour celui de Malaisie.
Il repart finalement pour l'Espagne le 12 septembre 1504, et arrive le 7 novembre fatigué et malade.
Territoires visités : St-Lucia, Martinique, Honduras, Nicaragua, Costa Rica, Panama.
Fin de vie
Il resta très diminué après son retour. Il occupa la fin de sa vie à essayer de faire reconnaître la valeur de ses richesses. Il est représenté par son fils qui est à la cour auprès du roi. Cependant, il est resté toute sa vie persuadé d'avoir touché terre en Asie.
Bien que les privilèges qu'il demande ne lui soient jamais accordés, il meurt le 20 mai 1506 à Valladolid, fabuleusement riche mais dans l'oubli et l'isolement le plus total.
Il ne reste de Colomb que quelques lettres (publiées par Richard Henry Major, Londres, 1847).
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