Charles Robert Darwin est un biologiste, philosophe britannique.

Accueil


Charles robert Darwin

Charles Darwin

Naissance : 12 février 1809 à Shrewsbury, Angleterre.
Décès : 19 avril 1882 (à 73 ans) à Downe, Angleterre.
Nationalité : Royaume Uni. Royaume-Uni.
Profession : Biologiste britannique.
Distinctions : Médaille Wollaston 1859, Médaille Copley 1864. Famille : Erasmus Darwin, son grand-père, Robert Darwin, son père, Emma Wedgwood, son épouse, George Darwin, son fils .


Charles Robert Darwin (12 février 1809 à Shrewsbury - 19 avril 1882 à Downe) est un biologiste britannique. Il développa la première théorie d'un mécanisme biologique de l'évolution, la sélection naturelle, qui explique la diversification de la vie à travers un lent processus de modification par l'adaptation.

Biographie
Cinquième des six enfants de Robert et Susannah Darwin (née Wedgwood, morte en 1817). Petit-fils de Erasmus Darwin (1731-1802), relativement célèbre pour sa Zoonomia, un ouvrage où il ébauche une théorie de la transformation des espèces, et de Josiah Wedgwood, Charles Darwin étudie la médecine à Edimbourg en 1825.
En 1827, dégoûté par la dissection et la brutalité de la chirurgie de l'époque, il quitte l'école de médecine où il a cependant été marqué par Robert Edmond Grant (1793-1874) et Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829).
Son père, inquiet de l'échec scolaire de son fils, et craignant qu'il ne devienne un fantaisiste, l'inscrit à Cambridge pour y étudier la théologie, dans l'espoir que Charles devienne pasteur. Il y tombe sous l'influence intellectuelle d'esprits scientifiques tels que William Whewell et John Stevens Henslow (1795-1861). Son amour pour la nature, son intérêt pour la collection de scarabées et l'encouragement qu'il reçoit de son cousin William Darwin Fox le poussent vers l'histoire naturelle.


En 1831, lorsqu'il termine avec succès ses études de théologie, John Henslow, son professeur de botanique, le recommande comme naturaliste à Robert Fitzroy, le capitaine du HMS Beagle, un brick de la marine royale, qui part du port de Plymouth, le 27 décembre 1831, pour une expédition de cinq ans, dans le but de cartographier la côte de l'Amérique du Sud et d'îles du Pacifique.
Avant son départ, Charles Darwin passe quelques semaines avec le géologue Adam Sedgwick à cartographier les strates au Pays de Galles. Il est notable que, à part quelques cours suivis à Edimbourg, cela fut son unique expérience d'étude géologique formelle.
Charles Darwin profite de l'occasion pour étudier les propriétés géologiques des continents et des îles visitées au cours de cette expédition, ainsi qu'une multitude d'organismes vivants et de fossiles. Il parcourt ainsi la Terre de Feu, les îles Malouines, l'île Chiloé, la Cordillère des Andes, les îles Galapagos, Tahiti, la Nouvelle-Zélande, l'Australie, la Tasmanie, l'île Maurice et Le Cap.


Alors que le Beagle explorait les côtes sud-américaines, Darwin commença à théoriser sur les merveilles de la nature autour de lui.

Alors que le Beagle explorait les côtes sud-américaines, Darwin commença à théoriser sur les merveilles de la nature autour de lui.


À son retour de voyage, le 2 octobre 1836, Darwin analyse les très nombreux spécimens qu'il a rapportés et note des similitudes entre les fossiles et les espèces vivantes dans la même zone géographique. Il remarque notamment que chaque île possède son propre type de tortues et d'oiseaux, dont l'apparence et le régime alimentaire diffèrent légèrement, mais qui sont par ailleurs assez semblables, surtout dans le cas des spécimens provenant des Îles Galapagos. Il élabore alors la théorie selon laquelle, par exemple, chaque sorte de tortue a pour origine une même espèce, chacune étant adaptée de façon différente à la vie sur les différentes îles. Ce faisant, il abandonne l'idée de la création divine des espèces.
Deux observations, l'une sur les tatous et l'autre sur les pinsons, vont mettre Darwin sur la voie d'une nouvelle théorie de la vie.
En 1836, la prestigieuse Royal Society de Londres lui ouvre ses portes et il peut parler d'égal à égal avec les plus grands savants.


Encore jeune homme, Charles Darwin rejoint l'élite scientifique britannique.

Encore jeune homme, Charles Darwin rejoint l'élite scientifique britannique.


En 1837, il formule ses pensées sur les modifications et le développement des espèces dans son Carnet sur la transmutation des espèces, en accord avec les Principes de géologie de Charles Lyell. Le 28 septembre 1838, il lit l'Essai sur le principe de peuplement de Thomas Malthus, lequel prédisait que la taille d'une population était limitée par la quantité de nourriture disponible, ce qui le fait réfléchir au problème de lutte pour la survie. Darwin s'interroge sur la manière dont la nature a et fait le tri, en l'absence d'intervention humaine. En 1839, Charles Darwin épouse sa cousine Emma Wedgwood, avec qui il aura 10 enfants, dont trois moururent en bas-âge.


Charles choisit de se marier avec sa cousine, Emma Wedgwood.

Charles choisit de se marier avec sa cousine, Emma Wedgwood.


En 1842, Darwin formule sa théorie sous la forme d'un « schéma » et, en 1844, il rédige un essai de 240 pages contenant une version augmentée de ses idées premières sur la sélection naturelle.
En 1844, un ouvrage de Robert Chambers, Les vestiges de l'histoire naturelle de la création, scandalise les milieux bien-pensants britannique par la suggestion que l'homme descend de l'animal.
Ce tollé en 1844 n'incite pas Darwin à dévoiler ses propres idées, le pousse à peaufiner sa théorie et accumuler des preuves.
Entre 1844 et 1858, date à laquelle il présente sa théorie à la Société linnéenne de Londres, Darwin y apporte de nombreuses modifications.


Après avoir vécu pendant plusieurs années à Londres, le couple déménage finalement à Down House, à Downe dans le Kent (aujourd'hui ouverte au public).
Entre 1839 et 1843, son ouvrage Zoology of the Voyage of H.M.S. Beagle est publié en 5 volumes. Entre 1840 et 1858, il publie plusieurs ouvrages, tout en travaillant à sa théorie : The Structure and Distribution of Coral Reefs (1842), un ouvrage sur la géologie des atolls et des récifs coralliens.
Il est le premier à comprendre l'origine organique des atolls et le rôle primordial des coraux. Il étudie aussi l'Amérique du Sud, les îles volcaniques, les crustacés cirripèdes (1851-1854). Enfin, il travaille sur la distribution géographique des organismes, et Lyell le convainc de publier sa théorie. Il est lauréat de la Royal Medal en 1853.
Le 1er juillet 1858, Charles Darwin lit une communication devant la Société linnéenne de Londres, le même jour qu'Alfred Russel Wallace, lequel avait élaboré indépendamment une théorie similaire. Comme Darwin, Wallace avait passé de nombreuses années à observer la diversité de la vie, et en était arrivé à des conclusions semblables.
Ayant décidé de publier, il choisit pour lui soumettre des commentaires un biologiste de renom qui l'encourage à terminer son ouvrage.


L'ouvrage de Darwin L'Origine des espèces par la sélection naturelle est publié un an après (1859), et suscite suffisamment d'intérêt pour que les stocks de l'éditeur soient écoulés en librairie dès le premier jour. Dès sa parution, cette œuvre provoque des levées de boucliers. De nombreux hommes de science ne démordent pas de la version biblique de la création du monde.
Début 1860, l'Académie royale des sciences britannique, établissant son bilan scientifique annuel concernant 1859, la décrivit comme une « année terne, où il ne s'est pas passé grand-chose ».
Dans ses ouvrages majeurs suivants, Variation des animaux et des plantes domestiqués (1868), La Filiation de l'homme et la sélection liée au sexe (1871) et L'Expression des émotions chez les hommes et les animaux (1872), Darwin développe de nombreux sujets introduits dans L'Origine des espèces.


En 1871, Charles Darwin publie La Filiation de l'homme et la sélection liée au sexe. L'ouvrage fait encore scandale. L'homme y est décrit comme un animal comme les autres, objet de la sélection naturelle, issu d'un très lointain ancêtre commun à toute forme de vie. Darwin rejette l'idée selon laquelle l'homme est le sommet, le point de perfection atteint par l'évolution.
Malgré certaines critiques (par exemple, dans la première édition de l'Origine des espèces, Darwin suppose toujours des « effets cumulatifs du dressage » de génération en génération chez les chiens d'arrêt), la valeur du travail de Charles Darwin est reconnue par la communauté scientifique. Il devient membre de la Royal Society de Londres en 1839 et de l'Académie des sciences française en 1878. Il reçoit la médaille Wollaston en 1859 de la Geological Society of London. Il est lauréat de la Médaille Copley en 1864.


Les réactions à sa publication
L'ouvrage de Charles Darwin suscita un vif intérêt dans le public ainsi qu'une controverse qu'il suivit de près, conservant les coupures de presse avec les recensions, les articles, les persiflages, les parodies et les caricatures.
L'évolution par la sélection naturelle fut largement discutée, voire dénigrée, particulièrement dans les communautés religieuse et scientifique. Bien que Darwin ait été soutenu par certains scientifiques (par exemple, Thomas Henry Huxley, Ernest Renan ou encore Ernst Haeckel qui le popularisera très tôt en Allemagne), d'autres hésitaient à accepter sa théorie à cause de la capacité inexpliquée des individus à transmettre leurs capacités à leurs descendants.
Ce dernier point était pourtant étudié au même moment par Gregor Mendel, mais il ne semble pas que les deux hommes aient communiqué ensemble.
Même avec les lois de Mendel, le mécanisme sous-jacent resta un mystère jusqu'à ce que l'on découvrît l'existence des gènes.


Les critiques hostiles eurent tôt fait de tirer les conséquences qui n'étaient pas exprimées, comme le fait que les hommes descendraient des singes. Pourtant, dans L’Origine des espèces, Darwin ne parle pas des origines de l'homme. Le public confond les idées exprimées dans le livre de Darwin avec celles de Lamarck, qui cinquante ans auparavant avait avancé cette idée sans alors faire scandale. Parmi les réponses favorables, les recensions de Huxley adressaient des critiques à Richard Owen, chef de l'establishment scientifique qu'il voulait ébranler.
Le verdict d'Owen resta inconnu jusqu'à ce que son compte-rendu d'avril eût condamné le livre.


L'establishment scientifique de l'Église d'Angleterre, qui comprenait les anciens maîtres de Darwin à Cambridge, Sedgwick et Henslow, réagit de façon hostile, malgré un accueil favorable dans la génération plus jeune des naturalistes professionnels.
En 1860, la publication d'Essays and Reviews (en) par sept théologiens anglicans libéraux détourna de Darwin l'attention des hommes d'Église. Ces derniers condamnèrent comme hérétique une telle manifestation de la critique libérale car on y trouvait entre autres cet argument que par les miracles Dieu enfreindrait ses propres lois, opinion athée, ainsi que l'éloge du « magistral volume de M. Darwin [soutenant] le grand principe que la nature a le pouvoir d'évoluer par elle-même.
Le débat public le plus fameux eut lieu à Oxford lors d'une réunion de l'Association britannique pour l'Avancement des Sciences. Le professeur John William Draper avait prononcé un long plaidoyer en faveur de Darwin et du progrès social, c'est alors que l'évêque d'Oxford, Samuel Wilberforce, s'en prit à Darwin. Dans la discussion qui s'ensuivit Joseph Dalton Hooker prit énergiquement parti pour Darwin tandis que Thomas Huxley se constituait comme le « bouledogue de Darwin » - il fut le défenseur le plus farouche de la théorie de l'Évolution à l'époque victorienne. Les deux partis se séparèrent en criant victoire chacun, mais Huxley resta célèbre par sa réponse : comme Wilberforce lui avait demandé s'il descendait du singe par son grand-père ou par sa grand-mère, Huxley grommela : « C'est Dieu lui-même qui vient de le livrer entre mes mains » et il répliqua qu'il « préférerait descendre d'un singe plutôt que d'un homme instruit qui utilisait sa culture et son éloquence au service du préjugé et du mensonge ».


Le débat déborde le cadre de la science, de l'Église anglicane et du protestantisme. Les autorités de l'Église catholique entrent dans la polémique. Dès 1860, en effet, Darwin est condamné par une réunion d'évêques qui se tient à Cologne. Le pape intervient ensuite à plusieurs reprises pour dénoncer la thèse selon laquelle l'homme descendrait du singe.
Tenu éloigné des discussions publiques par sa maladie, Darwin n'en lisait pas moins avec passion ce qu'on rapportait d'elles et recevait des soutiens par courrier. Asa Gray convainquit un éditeur aux États-Unis de payer des droits d'auteur, et Darwin fit venir et distribua la brochure de Gray qui montrait que la Sélection naturelle n'était nullement incompatible avec la Théologie naturelle.
En Grande-Bretagne ses amis, y compris Hooker et Lyell, prenaient part aux discussions scientifiques que Huxley menait avec rage pour briser la domination de l'Église et de l'amateurisme aristocratique, incarnée par Owen, en faveur d'une nouvelle génération de professionnels de la science. Owen commit l'erreur d'invoquer (à tort) certaines différences anatomiques entre le cerveau du singe et le cerveau humain, et accuser Huxley de soutenir que « l'homme descend du singe ».
Huxley fut heureux de soutenir cette opinion et sa campagne, qui dura plus de deux ans, fut une vraie catastrophe pour Owen et la « vieille garde », qui se trouvèrent éliminés. Les amis de Darwin formèrent le Club X et aidèrent à lui valoir l'honneur de la Médaille Copley que lui décerna la Royal Society en 1864.
Vestiges avait déjà suscité dans le public le plus vaste intérêt, et l'Origine des espèces fut traduite dans un grand nombre de langues et connut de nombreuses réimpressions, devenant un texte scientifique de base accessible aussi bien à une classe moyenne curieuse de cette nouveauté qu'aux simples travailleurs qui se pressaient aux conférences de Huxley. La théorie de Darwin correspondait d'ailleurs aux différents mouvements de l'époque et elle devint un des fondements clés de la culture populaire.


Caricature montrant Darwin avec un corps de singe et la grande barbe qu'il se laisse pousser à partir de 1866, magazine Hornet.

Caricature montrant Darwin avec un corps de singe et la grande barbe qu'il se laisse pousser à partir de 1866, magazine Hornet.


Pendant les dernières années de sa vie, Darwin poursuit ses travaux dans sa retraite campagnarde. La plupart des "darwininiens" tentent de reconstituer l'histoire de la vie sur terre. Lui, préfère s'investir dans des études sur la botanique, la psychologie animale et Le rôle des vers de terre dans la formation de la terre végétale.
Il meurt à Downe (Kent), le 19 avril 1882, et est inhumé à l'Abbaye de Westminster, le Panthéon britannique.
Il reçut une reconnaissance particulière en 2000 quand son image apparut sur le billet de 10 livres de la Banque d'Angleterre, en remplacement de Charles Dickens. On a rapporté que sa barbe impressionnante et supposée difficile à contrefaire aurait été un facteur dans ce choix.


Avant Darwin
Avant le XIXe siècle, la théorie courante sur l'extinction des espèces avait pour nom catastrophisme, selon laquelle les espèces s'éteignaient à cause de catastrophes, suivies par la formation de nouvelles espèces ex nihilo (créées de rien). Les espèces éteintes étaient retrouvées sous la forme de fossiles. Les espèces nouvelles étaient considérées comme immuables. Cette théorie était en accord avec l'épisode du Déluge dans la Bible.
Au début du XIXe siècle, plusieurs nouvelles théories commencèrent à remettre en cause le catastrophisme. L'une des plus importantes d'entre elles fut développée par Jean-Baptiste de Lamarck.
Il observa que toute nouvelle génération héritait des caractéristiques de ses ancêtres. Il suggéra que les caractéristiques et les organes étaient améliorés par un usage répété et, au contraire, étaient amoindris ou supprimés par la non-utilisation chez chaque individu, qui transmettait ces améliorations et suppressions directement à ses descendants.
En 1830, le géologue britannique Sir Charles Lyell réfuta la théorie du catastrophisme, mais tenait à celle de l'immuabilité des espèces. Lyell fonda la théorie de l'uniformitarisme, qui déclarait que la surface de la Terre changeait lentement à travers les éons, soumise à des forces constantes.


La structure de la théorie de Darwin
La théorie de l'évolution de Darwin établit que tous les individus d'une population sont différents les uns des autres.
Certains d'entre eux sont mieux adaptés à leur environnement que les autres et ont, de ce fait, de meilleures chances de survivre et de se reproduire. Ces caractéristiques avantageuses sont héritées par les générations suivantes et, avec le temps, deviennent dominantes dans la population .
Ce processus progressif et continu résulte en l'évolution des ne serait pas du tout attirant pour le sexe opposé ne transmettra pas son patrimoine (d'où l'émergence de la queue du paon, par exemple, bien que celle-ci l'handicape fortement vis-à-vis de prédateurs éventuels).
Toutes les espèces aujourd'hui vivantes tirent leur origine d'une seule forme de vie à travers un processus de branchement appelé spéciation.


Descent of Man, la sélection sexuelle et la botanique
Malgré des rechutes continuelles pendant les vingt-deux dernières années de sa vie, Darwin continua son travail. Il avait publié un résumé de sa théorie, mais les aspects les plus controversés de son « grand livre » restaient incomplets, y compris la preuve explicite du fait que l'humanité descendait d'animaux antérieurs à elle, et la recherche de causes possibles qui étaient à la base du développement de la société et des capacités mentales de l'homme. Il devait encore expliquer des caractéristiques sans utilité évidente si ce n'est dans un but esthétique. Il continuait à faire des expériences, à chercher, à écrire.


Quand la fille de Darwin tomba malade, il suspendit ses expériences sur les semences et les animaux domestiques pour l'accompagner au bord de la mer ; là il s'intéressa aux orchidées sauvages et il en résulta une étude révolutionnaire sur la façon dont la beauté des fleurs sert à assurer la pollinisation par les insectes et à garantir une fertilisation avec croisement. Comme avec les balanes, les parties homologues remplissaient des fonctions différentes chez les différentes espèces. De retour chez lui, il retrouva son lit de malade dans une pièce que remplissaient ses expériences sur les plantes grimpantes. Il reçut la visite d'Ernst Haeckel (1834-1919), un de ses admirateurs qui avait propagé l'évangile du darwinisme en Allemagne. Wallace continuait à le soutenir, bien qu'il versât de plus en plus dans le spiritisme.


De la variation des animaux et des plantes sous l'action de la domestication constituait la première partie du « grand livre » que Darwin projetait (développement du « résumé » qu'il avait publié sous le titre L'Origine des espèces) ; cette première partie s'enfla jusqu'à devenir deux gros volumes, le forçant à laisser de côté l'évolution humaine et la sélection sexuelle ; elle se vendit bien malgré sa taille. Un livre supplémentaire de démonstrations, qui traitait dans le même style de la sélection naturelle, fut écrit en grande partie, mais resta inédit jusqu'à ce qu'il fût transcrit en 1975.
La question de l'évolution humaine avait été soulevée par ses partisans (et ses détracteurs) peu de temps après la publication de L'Origine des espèces, mais la contribution propre de Darwin sur ce sujet devait venir plus de dix ans plus tard avec l'ouvrage en deux volumes La Filiation de l'homme et la sélection liée au sexe publié en 1871.
Dans le deuxième volume, Darwin expliquait en toutes lettres sa conception de la sélection sexuelle pour expliquer l'évolution de la culture humaine, les différences entre les sexes chez l'homme et la différenciation des races humaines, aussi bien que la beauté du plumage chez les oiseaux (qui ne semblait pas le résultat d'une adaptation).
L'année suivante Darwin publia son dernier travail important, L'Expression des émotions chez l'homme et les animaux, consacré à l'évolution de la psychologie humaine et sa continuité avec le comportement des animaux. Il développa ses idées selon lesquelles chez l'homme l'esprit et les cultures ont été élaborés par la sélection naturelle et sexuelle, conception qui a connu une nouvelle jeunesse au cours des trois dernières décennies avec l'émergence de la psychologie évolutionniste.
Comme il concluait dans La Filiation de l'Homme, Darwin estimait qu'en dépit de toutes les « qualités nobles » de l'humanité et des « pouvoirs qu'elle avait développés » : « L'homme porte toujours dans sa constitution physique le sceau ineffaçable de son humble origine ».


Ses expériences et ses recherches concernant l'évolution trouvèrent leur conclusion dans des livres sur le mouvement des plantes grimpantes, les plantes insectivores, les effets des croisements des plantes et leur auto-fertilisation, les différentes formes de fleurs sur des plantes de la même espèce et La Capacité des plantes à se mouvoir.
Dans son dernier livre, il revenait à l'influence des lombrics sur la formation des sols.
Il mourut à Downe, dans le Kent, le 19 avril 1882. Il pensait devoir être enterré au cimetière Sainte-Mary à Downe, mais sur les instances des collègues de Darwin, William Spottiswoode (1825-1883), président de la Société royale, intervint pour qu'il reçut des funérailles officielles et il fut enterré dans l'Abbaye de Westminster, près de l'astronome John Herschel (1792-1871) et du physicien Isaac Newton (1643-1727).


L'accueil de la théorie de Darwin
Après la publication de l'ouvrage de Darwin, l'évolution par la sélection naturelle fut largement discutée, voire dénigrée, particulièrement dans les communautés religieuse et scientifique. Bien que Darwin ait été soutenu par certains scientifiques (par exemple, Thomas Henry Huxley, Ernest Renan ou encore Ernst Haeckel qui le popularisera très tôt en Allemagne), d'autres hésitaient à accepter sa théorie à cause de la capacité inexpliquée des individus à transmettre leurs capacités à leurs descendants.
Ce dernier point était pourtant étudié au même moment par Gregor Mendel, mais il ne semble pas que les deux hommes aient communiqué ensemble. Même avec les lois de Mendel, le mécanisme sous-jacent resta un mystère jusqu'à ce que l'on découvrît l'existence des gènes.


En 1874, le théologien Charles Hodge accusa Darwin de dénier l'existence de Dieu en redéfinissant l'Homme comme le résultat d'un processus naturel plutôt que comme la création de Dieu. Darwin, pourtant fils de pasteur, avait alors déjà (Mme Darwin le signale dans sa correspondance) cessé de croire à l'existence d'un dieu bienveillant lorsqu'il avait découvert le mécanisme de reproduction de la guêpe ichneumon, dont les larves se développent en « dévorant leur proie vivante de l'intérieur » tout en respectant scrupuleusement ses organes vitaux ! Victor Hugo se montra fortement opposé à la théorie de Darwin.
Le biologiste et géographe Pierre Kropotkine définira en 1906 que l'entr'aide est aussi un facteur de l'évolution, autant chez les animaux non humains que humains.
Si le Vatican admet aujourd'hui que le mécanisme darwinien est, selon ses propres termes « davantage qu'une hypothèse », certains milieux fondamentalistes protestants, surtout aux États-Unis, combattent la théorie darwinienne de l'évolution. Ce mouvement ne s'observe, en revanche, que de façon très marginale en Europe.


La théorie de Darwin est aujourd'hui confirmée par la comparaison de l'ADN de différents organismes, qui montre leur proximité génétique. On travaille même à constituer une nouvelle classification du vivant dont la taxonomie serait organisée en fonction de la distance génétique entre espèces et non des caractéristiques du phénotype.
Toutefois, cette méthode demande du temps d'ordinateur qui croît très vite avec le nombre d'espèces considérées.
Contrairement à une idée répandue, Darwin n'a pas « découvert » l'évolution, celle-ci étant acceptée par beaucoup depuis le début du XIXe siècle.
En revanche, il a apporté la première théorie cohérente sur la façon dont l'évolution s'effectue (par le mécanisme de la sélection naturelle).


D'autres aspects importants de la théorie de Darwin étaient : une origine commune, la sélection sexuée, la progressivité et la pangenesis. Il est important de se rappeler que la version de Darwin de la sélection naturelle était différente de celle présentée par Wallace en ce qu'elle affirmait que la sélection naturelle se produisait en permanence, alors que Wallace défendait que la sélection ne se produit que lorsque l'environnement était modifié.
Cette opposition a existé sous une forme à peine différente entre Stephen Jay Gould, qui défend une théorie des équilibres ponctués, et Richard Dawkins qui ne se rallie pas à ce point de vue.


Certaines interprétations hors contexte de la théorie de Darwin, ni voulues ni prévues par celui-ci, ont eu des effets dérivés importants.
Deux se sont révélées socialement catastrophiques :
Le darwinisme social interprète des phrases de Darwin exprimant une probabilité (« les organismes plus adaptés doivent éliminer à long terme les moins adaptés ») comme des impératifs catégoriques.
Le nazisme, parallèle au darwinisme social, provenait aussi d'un darwinisme mal compris, et peut-être également du traumatisme psychologique provoqué par cette théorie dans beaucoup d'esprits. Par exemple, si de nombreuses lignées étaient condamnées à ne pas survivre, certains préfèraient que « leur » lignée ne soit pas de celles-là.


Une formulation ambiguë de Darwin a peut-être sa part de responsabilité dans ces déviations : il indique à plusieurs reprises que les formes les plus adaptées doivent à terme se substituer aux moins adaptées, sans que le verbe utilisé (ought to) puisse être clairement identifié comme l'expression d'une « probabilité » ou au contraire d'un « impératif moral ». L'avenir dira si les hypothèses suivantes sont plus fécondes :
Richard Dawkins et Daniel Dennett envisagent une sélection naturelle de mèmes (idées élémentaires) se reproduisant et se combinant dans les esprits comme les gènes se reproduisent à travers les organismes.
Le physicien David Deutsch, dans son livre l'Étoffe de la réalité, considère l'univers que nous connaissons comme l'effet d'une série de sélections naturelles dans l'univers des possibles.


Les conceptions religieuses
Bien que sa famille fût en majorité non-conformiste et que son père, son grand-père et son frère fussent libres-penseurs, au début Darwin ne doutait pas de la vérité littérale de la Bible. Il avait fréquenté une école de l'Église d'Angleterre, puis étudié la théologie anglicane à Cambridge pour embrasser une carrière ecclésiastique. Il avait été convaincu par l'argument téléologique de William Paley qu'on voyait dans la nature un dessein qui prouvait l'existence de Dieu ; cependant au cours du voyage du Beagle il se demanda, par exemple, pourquoi de superbes créatures avaient été faites au fond des océans, là où personne ne pourrait les voir, ou comment il était possible de concilier la conception de Paley d'un dessein bienveillant avec la guêpe ichneumon qui paralyse des chenilles pour les donner à ses oeufs comme des aliments vivants. Il restait tout à fait orthodoxe et citait volontiers la Bible comme une autorité dans le domaine de la morale, mais ne croyait plus à l'historicité de l'Ancien Testament.


Alors qu'il menait ses recherches sur la transformation des espèces il savait que ses amis naturalistes y voyaient une hérésie abominable qui mettait en péril les justifications miraculeuses sur lesquelles était fondé l'ordre social ; c'était la sorte d'argument radical qu'utilisaient alors les dissidents et les athées pour attaquer la position privilégiée de l'Église d'Angleterre en tant qu'Église établie.
Bien que Darwin eût écrit que la religion était une stratégie tribale de survivance, il croyait toujours que Dieu était le législateur suprême. Cette conviction fut peu à peu ébranlée et, avec la mort de sa fille Annie en 1851, il finit par perdre toute foi dans le christianisme. Il continua à aider son église locale pour le travail paroissial, mais le dimanche il allait se promener pendant que sa famille se rendait à l'église. Désormais il jugeait préférable de regarder la douleur et les souffrances comme le résultat de lois générales plutôt que d'une intervention directe de Dieu.
Interrogé sur ses conceptions religieuses, il écrivit qu'il n'avait jamais été un athée dans ce sens qu'il aurait nié l'existence de Dieu et que, de façon générale, « c'est l'agnosticisme qui décrirait de la façon la plus exacte [son] état d'esprit ».
Le Récit de Lady Hope, publié en 1915, soutenait que Darwin était revenu au christianisme au cours de sa dernière maladie. Une telle affirmation a été démentie par ses enfants et les historiens l'ont écartée comme fausse. Sa fille, Henrietta, qui était à son lit de mort, a dit qu'il n'était pas retourné au christianisme. Ses derniers mots ont été, en fait, adressés à Emma : « Rappelez-vous la bonne épouse que vous avez été ».


Citations de Darwin

Liens externes


(fr) Institut Charles Darwin International

(en) Œuvres complètes de Charles Darwin

fr) Darwin et sa théorie de l'évolution

fr) Biographie et citations de Charles Darwin

Haut de page


Philosophes | Litterature | Peuples et empires | Biographies | Artistes | Musiques | Kabyles | Doctrines | Notions | Contes | Fables | Cosmologie | Explorateurs | Chansons | Sports | Sept merveilles | Epoques | Conquérants | Faune | © philo-club-djakou 2007-2008|

CSS Valide !

ma fiche