Les peuples et empires: Les berbères.
Les Berbères
tamazight, imazighen

Monde berbère.com L’origine des Berbères, par Gabriel Camps

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Berbères
 
Population totale
Estimée à 25 millions
Populations significatives par régions
Maroc Maroc 12 000 000  
Algerie Algérie 8 500 000  
France France 1 200 000  
Niger Niger 1 000 000  
Mali Mali 700 000  
Lybie Libye 350 000+  
Belgique Belgique 200 000  
Pays bas Pays-Bas 200 000  
Liban Liban, Israël Israël, Syrie Syrie et Jordanie Jordanie 100 000  
Tunisie Tunisie 100 000  
Mauritanie Mauritanie 80 000  
Burkina Faso Burkina Faso 50 000  
Espagne Espagne 50 000  
Egypte Égypte 10 000  
Langues
Variantes berbères (chleuh, kabyle, rifain, chaoui, variantes touaregs,…)

Souvent avec la langue du pays de résidence, ce qui inclut l'arabe dialectal, le français et l'anglais

Religions
islam, christianisme

Les Berbères sont une ethnie autochtone d'Afrique du Nord.

Ils sont répartis sur près de cinq millions de kilomètres carrés — depuis le Maroc jusqu'à l'Ouest de l'Égypte ('Siwa) — en différents groupes de culture et de langue commune (le berbère ou tamazight), quoique déclinée en dialectes locaux.
Les Berbères sont également et largement représentés dans les populations issues de l'immigration en Europe, notamment dans les pays comme la France, la Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne, mais aussi aux États-Unis et au Canada .
À l'exception des Touaregs, la plupart des Berbères sont sédentaires.
Les Berbères se désignent d'abord par leur ethnie régionale : Kabyles, Rifains, Touaregs, etc. Ils désignent l'ensemble des ethnies berbères par Imazighen (le pluriel d’« Amazigh »), et l'espace géographique nord-africain par Tamazgha.
Le terme amazigh/imazighen a été perdu chez certaines ethnies berbères (Kabyles et Mozabites) mais est resté présent chez les bérbères du maroc et chez les touareg. L'utilisation de ce terme a été ravivée à partir des années 1940 avec l'émergence du mouvement berbériste Kabyle. Ces néologismes se sont généralisés et ont été adoptés par les Berbères.

Origines


Un libyen peint sur la tombe de Sethi Ier

Lybien peint sur la tombe de Sethi Ier

La question de l'origine des Berbères est un sujet déjà ancien puisque, dès l'Antiquité, les historiens se sont penchés sur cette question. Les récits de l'Antiquité et du Moyen-Âge donnent à ce peuple une origine perse, égyptienne et sémite. Certains auteurs s'appuient sur des récits bibliques, coraniques, ou sur les hadiths, comme Ibn Khaldoun, ou helléniques comme Salluste. Aujourd'hui encore, plusieurs questions restent posées.
Actuellement, plusieurs études - génétiques, anthropologiques et linguistiques sont menées : des datations au carbone 14 sur d'anciens fossiles, des tests génétiques sur les populations modernes, mais aussi sur des ossements, et enfin des études comparatives entre la langue berbère avec les autres langues sont les moyens utilisés.
Ces études génétiques ainsi que les écrits d'historiens tel Gabriel Camps et Charles-André Julien tendent à prouver que les Nord-Africains actuels (arabophones ou berbérophones) descendent des Berbères.

Recherches modernes-génétique
Le chromosome Y est transmis de père en fils, l'étude des polymorphismes présents permet en théorie de suivre la lignée mâle — directe — d'une famille, d'une ethnie ou d'une espèce.
La majorité des Nords-Africains berbérophones et arabophones ont le chromosome Y E3b2 (m81). Cet haplogroupe est spécifique aux Berbères et voit sa fréquence décroître d'Ouest en Est. Son origine est l'haplogroupe E3b d'Afrique orientale qui date de 10 000 ans.
L'haplotype V caractéristique des populations berbères se retrouve très fortement en Espagne (>40% en Andalousie), au Portugal (36%) en Catalogne (12%) et également au Pays basque (11%). D'après la NCBI, ceci étant la conséquence des huit siècles de domination musulmane en Espagne et au Portugal entre les VIIIe et XVe siècles.
L'ADN mitochondrial étant essentiellement transmis de mère à fille, son étude génique permet de suivre la lignée maternelle — directe — d'une famille, d'une ethnie ou d'une espèce. La majorité des Berbères ont un ADN mitochondrial d'origine ouest-eurasienne. La lignée maternelle directe des Berbères la plus ancienne date du paléolithique (30 000 ans avant notre ère) représentée par l'haplogroupe U6 (d'origine ouest-eurasienne). Cet haplogroupe est spécifique aux Berbères et sa fréquence s'accroît quand on va à l'Ouest.
L'ADN autosomal représentant les 22 paires de chromosomes (sur les 23), son étude permet de déterminer l'affinité génétique de certaines populations humaines par rapport à d'autres. À l'exception des Touaregs, la majorité des Berbères sont génétiquement plus proches des Européens et des Moyen-Orientaux que des autres populations humaines — les Touaregs se situant dans une position intermédiaire entre les sub-sahariens et le reste des Berbères.

Anthropologie
Au Paléolithique, vivait l'homme de Taforalt et celui d'Afalou: ils étaient de type « cromagnoïde ». Des tests génétiques sur les squelettes de Taforalt ont confirmé l'origine ouest-eurasienne de ce type anthropologique.
Au Néolithique, selon M.C. Chamla, l'Afalou fut remplacé par le capsien de type « méditerranoïde » venant de l'est de la Tunisie. La culture capsienne est souvent décrite comme proto-berbère.

Linguistique

Écritures tifinagh anciennes, site des gravures rupestres d'Intédeni près d'Essouk au Mali.

Écritures tifinagh anciennes, site des gravures rupestres d'Intédeni près d'Essouk au Mali.

Les langues berbères appartiennent à la famille des langues afro-asiatiques (langues couchitiques, copte, langues sémitiques, langues tchadiques...).
La majorité des linguistes sont arrivés à la conclusion que l'afro-asiatique vient d'Afrique orientale. L'une des langues les plus proches du berbère est la langue copte, qui dérive de l'égyptien ancien.
Le proto-Afarsien (afro-asiatique) remonte à 10 000 ans selon certains, et 17 000 selon d'autres.

Récits de l'Antiquité et du Moyen Âge

Hérodote (484-425 av. J.-C.) dit que les Maxyes — les Berbères — prétendent descendre des Troyens.
Ibn Khaldoun (1332-1406) fait remonter l'origine des Berbères à l'Antiquité. D'après lui, ils seraient venus du Yémen (Cf. Histoire des Berbères et Généalogie des Berbères selon Ibn Khaldoun).

Histoire
Antiquité

Portrait du roi Massinissa.

Portrait du roi Massinissa.

La théorie la plus solide concernant le nom de « Berbère » serait que celui-ci serait dérivé du terme Ibères désignant les populations de la péninsule ibérique par les Grecs. Les Romains n'ont jamais vraiment réussi à soumettre ces peuples, même après la prise de Carthage au IIe siècle av. J.-C.. Parmi quelques grands noms de l'histoire amazighe, on peut citer :
Sheshonq Ier, pharaon fondateur de la XXIIe dynastie égyptienne, Mesnsen (Massinissa), Yugurthen (Jugurtha), Juba II, Apulée, Saint Augustin, Dihya (Kahena), ou encore Tariq ibn Ziyad.
Le nom de « Berbère » apparaissant pour la première fois explicitement après la fin de l'Empire romain, la pertinence de son usage pour la période précédente n'est pas admise par tous les historiens de l'antiquité.
L'usage du terme s'est répandu à la période suivant l'arrivée des Vandales lors des grandes invasions. Qualifiés de « Barbares » par les Romains, en Afrique romaine, et en provenance de la péninsule Ibérique où leurs campements furent soumis aux attaques répétées des Romains.
Sur les hauteurs à l'Est de la Numidie fut assemblée la coalition numido-vandale, qui prendra Carthage et supprimera l'influence de Rome sur toute l'Afrique.
Le récit du Consul romain en Afrique fit référence pour la 1re fois du terme de « Barbares » pour décrire les Numides.
Les Arabes, quelque temps après, héritèrent ce même qualificatif.

Selon Salluste
Salluste consacra les chapitres XVII et XIX de son ouvrage La Guerre de Jugurtha à une digression sur le pays de l'Afrique du Nord et ses habitants, d'après les traditions numides et les livres puniques du roi Hiempsal II.
Après une description du pays, limites, climat, faune et flore, l'historien présente les Gétules et les Libyens comme les premiers habitants de l'Afrique, « rudes, grossiers, nourris de la chair des fauves, mangeant de l'herbe comme des bêtes. »
Le demi-dieu Hercule mourut en Espagne selon la « croyance africaine », et son armée composée de divers peuples se démantela.
Les Mèdes, les Perses, les Arméniens de son armée passèrent par bateau en Afrique et s'établirent sur la côte.


Un maure, par Jean-Léon Gérôme

Un maure, par Jean-Léon Gérôme

Les Perses s'établirent à l'Ouest, « plus près de l'Océan », habitant dans les coques renversées de leurs bateaux, faute de matériel de construction. Ils s'allièrent par mariage avec les Gétules. Conduits à se déplacer sans cesse, ils se donnèrent le nom de « Nomades » (Numides). Salluste tient pour preuve de ce récit les habitations des paysans numides, rappelant celles des coques renversées de l'armée d'Hercule.
Les Mèdes et les Arméniens s'unirent aux Libyens. Ils « bâtirent des places fortes » et « pratiquaient des échanges commerciaux avec l'Espagne ». Altérant le nom des Mèdes, les Libyens indigènes se seraient mis à les appeler Maures.
Par la suite, les Perses et les Gétules grandirent en puissance et s'installèrent à l'Ouest de Carthage sous le nom de Numides. Enfin, ils annexèrent la Libye. La presque totalité du Nord de l'Afrique fut annexée par les Numides, « les vaincus se fondirent avec les vainqueurs, qui leur donnèrent leur nom de Numides ».

Époque moderne


Répartition des Berbères en Afrique du Nord 

Répartition des Berbères en Afrique du Nord.

        Chleuhs         Zayanes
        Rifains         Chenouis
        Kabyles         Chaouis
        Touaregs         Sahariens

Selon Hérodote
Hérodote (484-425 av. J.-C.) dit que les Maxyes — les Berbères — prétendent descendre des Troyens.
Selon Ibn Khaldoun
Ibn Khaldoun (1332-1406) fait remonter l'origine des Berbères à l'Antiquité. D'après lui, ils descendent de Canaan, fils de Cham.

La culture et les langues berbères ont survécu depuis les grandes conquêtes vandales, romaines, byzantines, arabes (VIIe siècle) jusqu'à l'occupation française, en passant par la présence turque.
À partir de 1881, en Kabylie, l'administration française attribuera des patronymes arabes aux populations qui, jusqu'à cette époque, portaient encore pour certains des noms à consonnance latine.
Cette culture reste vivante en Algérie et au Maroc, qui comprennent une grande partie des Berbères. Elle est aussi présente en Libye et en Tunisie et dans une grande partie du Sahara — Touaregs en Algérie, Burkina Faso, Libye, Mali, Maroc, Niger.
En 1980, éclatent les manifestations du Printemps berbère, au cours desquelles les berbérophones de Kabylie et d'Alger réclament l'officialisation de leur langue.
En 1996, une réforme de la Constitution algérienne reconnaît la dimension berbère du pays aux côtés de l'arabe et de l'islam. Parallèlement, les autorités fondent un Haut Commissariat à l'amazighité.
En 2000, la chaîne Berbère Télévision commence à émettre dans cette langue depuis Paris.
Le 17 octobre 2001, le roi Mohammed VI du Maroc crée un Institut royal de la culture amazigh (IRCAM) (site Internet) pour promouvoir la culture berbère.

Vie et culture

Une famille berbère traversant un gué avec son bétail (Algérie, 1890)

Une famille berbère traversant un gué avec son bétail (Algérie, 1890)

Traditionnellement, les hommes s’occupent du bétail. Ils migrent en suivant le cycle naturel des pâturages, et en recherchant des sources d’eau et des abris. Ils sont ainsi assurés d’une abondance de laine, de coton et de plantes pour la teinture.
De leur côté, les femmes s'occupent des biens de la famille et confectionnent les objets artisanaux — tout d’abord pour leur usage personnel, et ensuite pour la vente dans les souks de leur localité.
Les tribus berbères tissent des kilims. Ces tapisseries traditionnelles conservent l’apparence et le caractère distinct de la région d'origine de chaque tribu, qui possède en effet son propre répertoire de dessins. Le tissage d’armure toile est représenté par une grande variété de bandes, et plus rarement par des motifs géométriques, tels les triangles et le losange. Les décorations additionnelles, comme les paillettes ou les franges, sont typiques de tissés berbères au Maroc.
Le mode de vie nomade ou semi-nomade des Berbères convient très bien au tissage des kilims.

Liens externes

Histoire Comment la Berbérie est devenue le Maghreb Arabe par Gabriel Camps.

AlJazeera.net - Dossier sur les Berbères

francopolis.net Les Amazighs : leur contribution à l'élaboration des cultures méditerranéennes, par Mohammed Chafik.

catégorie Berbères Annuaire dmoz

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 29/05/2008

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