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Histoire de l'écriture.
Histoire et définition de l'écriture |
A consulter:
Site du "Centre d'étude de l'écriture et de l'image", université Paris 7 Denis Diderot
Anciens scripts
Ecriture sur un support papier.
L'écriture est un système de représentation graphique d'une langue, au moyen de signes inscrits ou dessinés sur un support.
L'invention de l'écriture par l'homme correspond au passage de la préhistoire à l'histoire en une transition de plusieurs millénaires.
D'anciens documents archéologiques comme les jetons de la vallée de l'Indus semblent indiquer que certains hommes des premières civilisations urbaines réussirent à figurer (transcrire) les quantités et quelques autres éléments comme les noms propres ou les titres, avant de commencer à transcrire les langues.
Peut-on en déduire que l'homme a appris à compter avant d'inventer un quelconque système d'écriture ? Ce n'est pas impossible.
Si l'écriture, comme l'histoire, « commence à Sumer » (pour citer Noah Kramer), c'est-à-dire si elle est attestée à partir d'une date approximative (vers -3 600, à Sumer), ceci ne signifie pas qu'elle était inconnue auparavant.
L'homme n'a très probablement pas écrit « spontanément » sur des tablettes d'argile sans essais préalables. Il ne fixe l'écriture pour l'éternité (pense-t-il) qu'à partir du moment où il la maîtrise suffisamment.
Histoire de l'écriture
L'écriture au sens strict (transcription de la parole) existe depuis environ 5000 ans. Elle est apparue sous des formes différentes dans une poignée de civilisations urbaines : Égypte , Mésopotamie, Chine , Inde et, plus tardivement, Mésoamérique.
L'histoire sémiotique de l'humanité ne commence pas avec l'écriture, mais avec les arts graphiques (grotte de Lascaux par exemple mais bien d'autres aussi dans le monde en Afrique et Amérique), et, peut-être plus anciennement encore avec les ornements de parure (collier de coquillages par exemple). Selon le numéro 5 de la revue "Les grands secrets de l'archéologie" (août-septembre-octobre 2007), l'écriture serait apparue en Mésopotamie vers 3500-3400 et en Egypte vers 3300 avant JC.
Ecriture en Mesopotamie
Début de l'écriture en Mésopotamie
On attribue à l’écriture les origines suivantes:
- Les transactions entre contrées éloignées nécessitèrent la mise en place de contrats. Ces contrats étaient des boules creuses de glaise enfermant des calculi, des petites formes en argile (glaise) symbolisant des nombres sous trois aspects... :
- des sphères,
- des cônes,
- des cylindres
- ...auxquels on additionnait des formes conventionnelles pour désigner les choses échangées. En cas de contestation, on brisait la boule sèche, sur laquelle on avait apposé son sceau pour contrôle, et on comparait la quantité de calculi et la livraison.
Ces transactions devenant de plus en plus complexes, on garda le système de calculi mais, pour se souvenir de la teneur du contrat, en sus des sceaux on désigna par des signes sur l’extérieur de la boule de glaise encore fraîche, le contenant de cette boule, tant en quantité (le nombre) qu’en qualité (les choses contractées).
Pour ces signes, on utilisa un bâton assez fin nommé calame, dont on a coupé une extrémité en coin ou en biais et en laissant l’autre coupée d’équerre : on avait là le moyen de dessiner un coin, un rond et un cône, représentant ces calculi et pour dessiner les formes conventionnelles. On finit par tout simplement aplatir cette boule de glaise et dessiner (écrire) sur ses deux faces le contenu du contrat : quoi, combien et quand, et toujours à l’aide de ce petit bâton.
C'est aussi l'origine de l'écriture cunéiforme (dont le dessin a pour base la forme de coin) en délaissant la forme ronde et cylindrique.
Systèmes d'écriture
Un système d'écriture permet l'écriture d'une langue. Il peut s'agir d'une langue parlée, ce qui est le cas général, on parle alors d'écriture glottographique mais il peut s'agir d'une langue non parlée, dans ce dernier cas, on parle d'écriture sémasiographique. Les lettres des tribus Yukaghir sont un des exemples les plus connus d'écriture sémasiographique.
Les écritures glottographiques (écriture de langues parlées) peuvent être séparées en deux grands groupes:
Les écritures de type phonologique qui transcrivent la structure phonologique ou phonétique de la chaîne parlée (phonèmes ou phones). Les écritures alphabétiques et syllabiques appartiennent à ce groupe.
Les écritures sémantiques dans lesquelles on écrit les morphèmes d'une langue, c'est-à-dire les unité minimales douées de sens de la chaîne parlée. Les écritures chinoises, hiéroglyphiques ou cunéiformes appartiennent à ce groupe.
Un même système peut servir à plusieurs langues et une même langue peut être représentée par plusieurs systèmes. Les graphèmes fondamentaux d'une écriture peuvent être complétés par l'utilisation de diacritiques, de ligatures, de graphèmes modifiés.
Quelques écritures alphabétiques
- Alphabet Arabe
- Caractères Bèrbère (tifinagh)
- Alphabet Cyrillique
- Alphabet Hebraïque
- Alphabet grec
- AlphabetGotique
- Alphabet Latin
- Caractères chinois ou Sinogramme (chinois, Hanzi) : utilisés également par les Japonais qui les appellent Kanji.
Les Coréens les utilisent pour écrire les noms propres. Cette écriture n'est pas réellement idéographique, car à un signe ne correspond pas toujours une idée. Elle est monosyllabique en chinois.
- Caractères Sumérien
- Caractères Akkadiens
Écriture dite « en miroir »
Écrire « en miroir » consiste à écrire de droite à gauche en formant chaque signe, chaque lettre, en sens inverse du sens habituel.
De sorte que le texte n'est lisible, pour un droitier non averti du moins, qu'avec l'aide d'un miroir qui redresse virtuellement le tracé initial.
Elle est considérée par certains comme un signe de latéralité gauche innée. Si tout le monde ne possède pas cette aptitude de façon innée, il est cependant possible de l'acquérir avec la pratique et la maîtrise de l'écriture dite normale.
Bibliographie
- Calvet (Louis-Jean), (1996), Histoire de l'écriture, Hachette (rééd. de 1998), ISBN 2-01-278887-4
- James Février, Histoire de l'écriture, Payot
- Marcel Cohen et Jérôme Peignot, Histoire et Art de l'Ecriture, Bouquins, Robert Laffont, ISBN 2-221-10225-8
- Daniels (Peter T.), Bright (William) (1996), The World's Writing Systems, Oxford University Press, ISBN 0195079930.
- "Histoire de l'écriture, de l'idéogramme au multimédia", Flammarion, 2001, traduction anglaise 2002, édition arabe Bibliotheca Alexandrina, 2005 , 432 p. 400 ill.
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