Compte rendu de la journée inter-école du 28 mars 2008 à Bordeaux

Compte rendu de la journée inter-école du 28 mars 2008 à Bordeaux

Introduction

La journée à Bordeaux du 28 mars 2008 a réuni environ 300 étudiants d’une trentaine d’écoles ou de collectifs.
Talence, Bergerac, Toulouse, Montpellier, Marseille, Limoge, Rennes, Collectifs grand Nord ( Caen, Arras, Loos, Lille ), Ile de France, Tours, Lyon, Strasbourg, Nancy, Besançon, Poitiers, Bordeaux, Mulhouse, Angers, Etcharry (Pays Basque), Metz, Dunkerque, Grenoble, Orléans, Rèze, Nantes, Collectif anti-précarité, UNEF, La FAGE, SUD étudiants, et d’autres (Formateurs, Professionnels, Universitaires …)



Planning de la journée:

9h00-9h30: accueil des participants

9h30-11h00: introduction de la journée, présentation des différents thèmes et répartition ateliers.

11h00-13h00: ateliers.

13h00-14h00: repas

14h00-15h30: suite ateliers et rédaction en vue de la restitution

15h30-15h45: pause

15h45-16h30: restitution des ateliers

16h30-18h00: débat sur la représentativité des étudiants

18h00: apéro???

Les thèmes abordés dans les ateliers:

Thème 1: Quel avenir pour nos métiers? opérateurs ou militants? (suivi par Marie diplômée ES)

Thème 2: La précarité étudiante (suivi par Pierre ES2)

Thème 3: Réformes et valorisation de nos diplômes ( suivi par Anne-sophie ES2, Laurent AS2)

Thème 4: Représentativité et reconnaissance des étudiants en formations sociales ( suivi par Rémy ES2)

Ces rencontres ont été élaborées bien avant l’apparition du décret relatif à la gratification des stages, à ce titre celui-ci n’a fait l’objet d’aucune thématique spécifique. Néanmoins l’actualité des mobilisations étudiantes apparaissent en filigrane de nos débats tant ce décret suscite d’inquiétudes et de réactions.
Compte rendu atelier 1 :

Quel est l’avenir de nos métiers ? Opérateur ou militant ? (suivi par Marie diplômée ES)


Cet atelier a été divisé en deux sous-groupe en raison du nombre de personnes inscrites .
Les débats ont porté sur différents points.
D’abord a été abordé la question du contexte socio-économique. L’économie influence directement notre travail. Or, nous le rappelons nous sommes dans un système économique néo-libéral qui accentue une logique de rentabilité et une culture du résultat.
En ce sens, il a été rappelé que la fonction des différents métiers du travail social relevait du contrôle social. Ainsi a été soulevé le fait que les travailleurs sociaux étaient des « alibis du gouvernement ». Notre position par rapport aux politiques est floue . En effet, il nous a semblé qu’il y avait méconnaissance de nos métiers de la part des politiques. Il est nécessaire pour nous de mettre en lumière nos pratiques, nos réflexions (rencontre avec les élus, communiqués de presse ? ) pour qu’elles soient reconnues.
Il se pose ainsi la question du terme travailleur social, qui peut s’avérer être générique. Ne risque-t-on pas de mélanger et de confondre les différents acteurs sociaux qui ont chacun leur spécificité nécessaire sans pour autant tomber dans le corporatisme.
Le thème de l’atelier était intitulé « quel avenir pour nos métiers ? Opérateurs ou militants ? ». La question du militantisme a donc été abordée. Nous avons pris le terme dans le sens où pour nous le militantisme représentait une action pour la collectivité. Dans nos métiers cela passe par l’accompagnement de la personne accueillie et de son investissement possible dans la structure ( adhérents des associations, participation aux débats, etc..). Ici est donc intervenue la question de l’autonomie. En effet, cette notion est un fondement de nos professions. Or l’autonomie ne signifie pas savoir faire seul comme c’est trop souvent le cas dans les institutions. L’autonomie consiste à pouvoir faire des choix, en connaissance de causes, afin de créer son propre projet de vie, de se construire avec la présence des autres.
Il a été amené qu’il existe des structures alternatives avec des méthodes innovantes afin de casser avec le rôle normalisateur et contrôleur qui nous incombe. Nous nous devons de développer ces structures.
Enfin, parce que nos métiers concernent une partie large de la population, parce que nous sommes représentés dans de nombreux ministères (Education Nationale, Agriculture, Santé, Affaires sociales, Etc. ), nous devons être vigilants à la tournure que prend le social. Car il s’avère que nous sommes à la fois opérateur et militant.
Ainsi, Il nous semble nécessaire d’organiser une coordination de « vigilance sociale » afin de veiller aux droits des personnes que nous accompagnons et aux lois concernant directement nos pratiques (loi sur la prévention de la délinquance, gratification, etc.).


Compte rendu Atelier 2

PRECARITE ETUDIANTE (suivi par Pierre ES2)

Lors de cet atelier a été abordé plusieurs thèmes :
- L’état des lieux de la précarité étudiante
- Dysharmonie des aides (régionales)
- Accès aux études supérieures
- Revendications concernant le décret de chaque écoles
- Actions et mobilisations à envisager.

1. Etat des lieux :
Avec de nombreux exemples, témoignages, chiffres, etc. Le constat qui ressort est qu’il existe une réelle précarité étudiante. En effet, le manque de moyens, la disparité des aides entre tous les étudiants est source de grandes inégalités. Plusieurs questions ont émergé :
- cumul d’aides possibles ou non ?
- prêts étudiants pas toujours possibles et conséquences de ces prêts sur la vie active ?
- concernant les aides est il pertinent de prendre en compte le statut de l’étudiant ou de celui de ses parents ?
- la gratification est elle suffisante ? environ 400 euros par mois de stages effectués ne peut pas subvenir aux besoins d’un étudiant.

2. Dysharmonie des aides
L’état des lieux a mis en exergue les différences d’aides aux étudiants suivants leur région d’étude. Force est de constater que les inégalités entre les étudiants sont renforcés par les politiques locales.
De ce fait, il est essentiel de réfléchir à la question d’une harmonisation nationale des aides.
Revalorisation des bourses.
Création d’une bourse professionnelle ?
Le « bricolage » que chacun met en place afin d’obtenir le maximum d’aides possibles désengage les politiques dans leurs devoirs et responsabilités.

3. Accès aux études :
Après diverses discussions, nous avons soulevé la question de l’accès aux études supérieures, que ce soit pour les droits d’inscriptions et pour tous les frais qui en découlent (hébergement, livres, transport, etc.). Ce point soulève la question d’un accès équitable suivant le statut (discriminations).
En ce qui concerne l’accès aux formations du social, le prix exorbitant des concours entraînerait une présélection. Questions des représentations sociales au sein des formations.

4. Revendication gratification :
Chaque école présente, dans cet atelier, a fait part de ses revendications concernant le décret. Ces revendications sont quasiment identiques à celles de l’IRTS de Franche Comté à la nuance près : création d’une charte du stagiaire ( à voir avec la réforme de la Convention 66)
allocation d’autonomie étudiante qui permettrait d’unifier les aides et de supprimer les inégalités en fonctions des différents statuts des étudiants.
La gratification pose ici la nouvelle forme d’un salariat précaire et des conséquences qui peuvent en découler. Faut-il geler les stages ?
Nous avons également fait le constat que nos métiers sont mal connus de la part de l’opinion publique et des politiques.

5. Actions et mobilisations à envisager :
Ce groupe de réflexion a proposé différentes actions et mobilisations pour l’avenir. Un recueil de données statistiques concernant la précarité étudiante a été mis en place dans certaines régions et pourrait s’étendre nationalement.
Une action au-delà de la gratification est à envisager car la gratification n’est aucunement une réponse suffisante à la précarité étudiante.
Une harmonisation nationale des aides devra être effectuée.
La reconduction de cette journée.
Allocation d’autonomie, revenu minimum étudiant ou autres ? A définir, réfléchir et élaborer.



Compte rendu atelier 3

Réformes et valorisation du diplôme ( suivi par Anne-sophie ES2, Laurent AS2)

1. Les problématiques engendrées par la mise en place de la réforme
- le manque d’informations sur la nouvelle réforme crée des promotions cobayes
- l’apparition du référentiel de compétences pose des interrogations sur la notion de « compétence ». A quel point veut-on faire des travailleurs sociaux des « techniciens » ?
- Le nouveau statut des terrains de stage comme « site qualifiant » entraîne de nouvelles responsabilités pour le terrain de stage et certain étudiants expriment leurs regrets quant au manque d’investissement des écoles de formation. Par exemple, les écoles n’ont l’obligation de qu’une visite de stage durant les 2 ou 3 années de formation.
- Une formatrice de l’IRTS de Talence recadre le débat. La décision vient d’en haut, l’application se fait en bas. La marge de liberté à savoir l’interprétation des textes entraîne l’implication de chacun, direction, formateurs et étudiants.

2. Valorisation du diplôme
- Nos années d’études ne sont pas considérées comme telles (exemple : éducateur spécialisé, 3 ans d’études = bac + 2)
- Exemple du centre de formation de Lille : la direction impose aux formateurs de se former à la faculté, de ce fait, les étudiants ont la possibilité de compléter leurs diplômes pas des heures de formation en plus. Ces heures peuvent être intégrées dans les années de formation où être effectuées après l’obtention du diplôme. Les étudiants sont alors considérés comme bac + 3.
- Cependant, pourquoi devront nous compléter notre formation, nos années d’étude ne peuvent-elles pas être considérées ?

3. La gratification
- besoin d’une cohérence nationale « oui à la gratification, non à la mise en danger de nos formations »
- Un certain nombre d’action ont été menées au niveau local. Témoignage d’un étudiant d’éducateur spécialisé : La direction a décidé de geler tous les stages jusqu’à ce que des financements soient débloqués.


Atelier 4 :

Représentativité des étudiants du travail social ( suivi par Rémy ES2)


Cet atelier a regroupé 52 personnes, représentant 24 centres de formation, ou groupement d’écoles et 3 syndicats étudiants.
ITS de Lyon, ITS de Tour, ESTES de Strasbourg, IRTS de Bordeaux, FNEO de Bordeaux, IFRAMES d’Angers, CEF de Bergerac, ENS de Paris, IRTS de Besançon, IRTS de Montpellier, Ecole d’Etcharry, ENSO de Nantes, IRTS de Nancy, IRFE de Limoges, IRTS de Talence, IRTS de Metz, IRTS de Poitiers, IRTS de Marseille, IFTS de Grenoble, ERASME de Toulouse, IFPASS de Toulouse, ERTS d’Orléans, IFRAMES La Classerie de Rèze, Centre de Formation de St Honoré de Paris, AFPE de Rennes, SUD-Etudiants, La FAGE, UNEF.

En introduction, les organisateurs ont rappelé les objectifs de cet atelier, à savoir de lancer une dynamique de réflexion afin de défendre et de construire l’identité de nos formations. En somme devenir un interlocuteur de premier plan dans l’élaboration de celles-ci.
Néanmoins, si le principe de base de ces rencontres inter-écoles était de créer une rencontre et des perspectives communes, l’actualité de nos mobilisations sur le thème de la gratification ont monopolisé une grande partie du débat.
Ainsi, nous nous sommes rapidement centré sur la forme représentative que nous devions donner à cette lutte.
En effet, beaucoup d’écoles font le constat amer d’un manque de cohérence nationale de la mobilisation, et du manque de poids à l’échelle politique qui en résulte.
Ainsi, beaucoup de propositions ont été avancées pour palier à ce manque de représentativité : création d’un syndicat, d’une coordination nationale, d’une association…
C’est en ce sens que sont intervenu des syndicats (UNEF, SUD) des associations (LA FAGE, La sociale de Talence…) et des collectifs (Objectif ONES), afin de proposer des moyens, des méthodes, des formes de représentativité étudiante.
Pour autant, si l’ensemble des personnes présentes attestait de l’importance d’une cohérence nationale, nous n’avions pas les mêmes points de vue sur la production qui devait ressortir de cet atelier.
Si certains espéraient pouvoir définir d’une coordination nationale et d’une association nationale des travailleurs sociaux en formation dès l’issue de cet atelier, d’autres arguaient que ces propositions n’avaient de sens que dans la perspective de revendications communes sur la question du décret relatif à la gratification.
En effet, au cours du débat nous nous sommes rapidement rendu compte que chaque école avait des analyses différentes sur ce décret, et de ce fait, proposait des revendications elles aussi différentes et parfois même divergentes.
Ainsi après des débats aussi passionnés qu’enrichissants, nous nous sommes arrêtés sur une proposition concrète et applicable dans le présent, et sur des perspectives d’avenir que nous espérons réalisables dans un futur proche.
Nous avons convenu d’une date de mobilisation nationale commune afin de donner une résonance médiatique à nos manifestations, celle-ci s’effectuera le jeudi 3 avril 2008. De plus, nous avons acté une coordination nationale sans en préciser ni le lieu ni la date, même si nous convenions qu’elle se situe dans la semaine du 7 au 11 avril. Celle-ci est soumise aux votes de chaque centre de formation de France. Le but est d’élire 2 à 3 délégués pour chaque école afin de s’accorder sur un mot d’ordre national, et sur les suites de la mobilisation. Les AG de chaque école doivent donc statuer ou pas sur l’intérêt de cette coordination, et le cas échant, proposer des motions de revendications sur le décret relatif à la gratification.
De plus, afin de revenir à l’initiative originelle de ces rencontres, à savoir la création d’une représentativité des travailleurs sociaux en formation visant une réflexion globale sur les formations et sur le travail social, l’idée de créer l’ Organisation Nationale du Travail Social a été posée. Ainsi, il est proposé à chaque école de réfléchir sur le sujet sur le long terme, et afin de sortir de l’immédiateté de l’actualité qui nous imposent une construction dans l’urgence, nous proposions une nouvelle rencontre inter-écoles en septembre. Celle-ci devrait nous permettre d’engager une réflexion d’envergure sur nos formations, et de tenter dans définir les perspectives et ce, nationalement et unitairement.
Les débats ne font donc que commencer, et ceux-ci ne se limiteront donc pas uniquement à l’actualité que suscite le décret, mais se donnent comme ambition de statuer sur une représentativité nationale de réflexion et d’action sur le travail social et sur les formations à celui-ci.
Affaire à suivre donc….






Conclusion

Cette journée a donc posé les premières bases d’une réflexion nationale sur nos formations et sur nos futurs métiers. Il est évident que la mobilisation sur la gratification au delà des enjeux immédiats qu’elle suppose, doit permettre l’émergence et la convergence des analyses sur le devenir du travail social. Ces rencontres inter école ont montré l’importance que les travailleurs sociaux et les étudiants en formation devaient prendre dans l’élaboration des politiques publiques. Cela suppose bien entendu de définir ensemble les contours de l’identité du travail social, ce qui n’est pas la moindre des difficultés. Pour autant en tant qu’acteurs des politiques sociales et par ailleurs bénéficiaires de celles-ci, il paraît nécessaire de donner du sens à notre métier au sein de notre société. Cette initiative devra se construire dans le temps et dans la mobilisation des étudiants et des idées.
En ce qui concerne le mouvement en rapport au décret sur la gratification deux événements ont été actés :

Manifestation nationale le jeudi 3 avril 2008

Coordination nationale des travailleurs sociaux en formation dans la semaine du 7 au 11 avril 2008.
Celle-ci doit être votée par chaque école ou groupement d’école, la date et le lieu doivent être définis, et 2 à 3 délégués par école devront être mandatés pour celle-ci.

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 01/05/2008

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