
Lorsqu'on a un jardin, on peut envisager le compostage qui permet non seulement de réduire la quantité de ses déchets mais également de fabriquer un amendement de qualité pour le jardin.
Avant tout, qu'est-ce que le compostage ?
C'est un procédé de dégradation biologique contrôlé de matières organiques, en présence d'air, eau et divers organismes.
Concrètement, soit on fait un tas des déchets organiques qu'on produit dans son jardin soit on utilise un bac, silo à compost ou composteur dans lequel on met ses déchets à même le sol dont la terre aura été retournée au préalable.
En se nourrissant de ces déchets et en les digérant, différents organismes vont produire de nouvelles matières à leur tour consommées et digérées par d'autres.
Dans un premier temps, des micro-organismes comme les bactéries vont entrer en action pour entamer le processus de décomposition grâce à leurs enzymes. Cela va provoquer une hausse de la température qui va atteindre 50 à 70°C, permettant d'hygiéniser le tas. Puis la température redescend, laissant la place progressivement à des champignons qui poursuivent cette phase de dégradation. Lorsque la température est en dessous de 30°C, on entre dans la phase de maturation et des macro-organismes, comme les cloportes, vers, lombrics et autres petites bêtes sympathiques s'invitent à la fête et contribuent à la transformation de nos déchets en compost par leur activité digestive. Tandis que des micro-organismes continuent leur activité et travaillent sur les déjections de leurs aînés (aînés par la taille).
Ce processus de dégradation entraîne une diminution du tas de compost.
Pour que tout cela fonctionne au mieux, il faut quand même respecter certaines règles !
Tout d'abord, il est important de diversifier les apports et faire attention à maintenir un équilibre Carbone/Azote... Ça y est, je sens que certains vont abandonner ! Parlons plutôt de déchets bruns (Carbone) et de déchets verts (Azote) pour rendre les choses tout de suite plus simples :
Voici quelques exemples de déchets bruns : branches broyées ou en petit morceaux, feuilles mortes, herbe sèche, écorces, copeaux de bois non traité, sciures, papier et carton non imprimés, paille, certains tissus en fibres naturelles, coquilles d'oeufs, coquilles de noix, noisettes, pistaches, filtres à café, papier essuie-tout...
Et de déchets verts : tonte de gazon, épluchures de fruits et légumes, mauvaises herbes, marc de café et sachets de thé, restes de repas comme le riz ou les pâtes...
Attention, il ne faut pas mettre dans votre composteur les déchets suivants :
Imprimés de couleur, verre, métaux, produits chimiques, pelures d'agrumes (sauf si non traités), restes de viande ou de poisson, gravier, sable, végétaux à décomposition difficile (feuilles de thuya, résineux, laurier), lierre, rhubarbe, trognons de choux, sacs aspirateurs, produits laitiers, plantes malades, terre, sable.
Durant le processus de compostage, il faut veiller à la bonne humidité du tas. Trop d'humidité ralentit le processus par manque d'aération et de mauvaises odeurs peuvent se dégager, trop de sécheresse arrête le processus par décès des micro-organismes...
Pour vérifier facilement l'humidité, on prend une poignée de compost en formation dans la main. Ce dernier doit être humide comme une éponge essorée. S'il est trop sec, ajoutez de l'eau (de pluie de préférence). Dans le cas contraire, il est difficile de le faire sécher. On peut, si on en a, ajouter des matières sèches.
Il est aussi nécessaire de brasser et aérer le tas de compost. Si l'air ne circule pas, les micro-organismes ne survivent pas. Régulièrement, toutes les deux semaines au début, il faut brasser et retourner le compost en formation à l'aide d'une fourche. Si le tas se met à sentir mauvais, c'est probablement dû à un manque d'air.
Certains déchets sont plus longs à se décomposer que d'autres. On peut leur faire subir plusieurs cycles de compostage. On utilise un tamis (simple morceau de grillage fixé sur un cadre en bois) pour récupérer dans le compost mûr ce qui n'est pas encore prêt.
Mais comment sait-on que le compost est prêt ?
À son aspect brun et homogène, sa structure fine et grumeleuse qui s'émiette et son odeur de terre de forêt. Il est prêt en une dizaine de mois mais cela dépend beaucoup des matières d'origines et des conditions de compostage.
Cependant avant d'être mûr, il peut être utilisé :
Un compost d'environ 3 ou 4 mois dont la structure est encore grossière, peut être utilisé pour pailler des plantes vivaces ou des arbustes. Cela protège la terre de la sécheresse et limite la repousse des mauvaises herbes.
Un compost de 6 ou 7 mois est déjà riche en oligo-éléments et matières organiques. Il peut être répandu à la surface du sol en automne et s'enfouira dans la terre une fois sa décomposition achevée.
À maturité, il contient de nombreux éléments nutritifs qui participent à l'amélioration de la qualité de la terre du jardin et à l'enrichissement des plantations en pot. Mais attention, il est déconseillé d'utiliser le compost pur. Il faut le mélanger avec la même quantité de terre avant de semer ou planter.

Pour ceux qui sont convaincus et qui veulent des renseignements complémentaires,
voici le guide de l'ADEME !
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