Nous avons tous de beaux rêves américanisés. La grosse «bagnole», le «château», la montre d’or, les voyages infinis, le mariage idéal, les «enfants-bollés-docteurs», sans compter celui de l’argent. Or, il n’en est pas de même pour tout le monde. Je ne vous répéterai pas ces chiffres astronomiques qui vous font tellement peur que vous partiriez en courant et n’auriez même pas compris ce simple message.
Il est des endroits dans le monde où la vie n’est pas celle que l’on croit être. Elle ne se limite pas à un lit bien douillet, à une maison chauffée et éclairée ainsi qu’à un déjeuner tout chaud le matin. Elle s’étend aussi bien au-delà de l’éducation. Lorsqu’on présente un documentaire sur la pauvreté, on répond bien souvent : «Oh mon Dieu ! C’est horrible ! Ils ne devraient pas avoir à vivre cela !» La majorité se limitera à cette phrase. Voilà. La chaîne désirée par le producteur vient d’être brisée pour la majorité d’entre nous. Heureusement, il y a quelques personnes qui désirent prendre cela en main et participent en rédigeant des articles dans les journaux locaux afin de sensibiliser plus de gens. Malheureusement, un très petit nombre de citoyens s’impliqueront réellement. Ils voyageront jusqu’au bout du monde, enverront des sommes d’argent pour aider, marcheront dans les rues, mais cela ne suffit malheureusement pas. Je ne dis pas qu’il faut lâcher prise. Au contraire. Il faut redoubler d’ardeur, mais il faut aussi investir à la bonne place. En parlant d’investir, je veux dire qu’il faut revoir ses priorités au niveau de l’argent, car il y a vingt-cinq (c’est un petit nombre, ça!) fois plus d’argent investi dans la guerre à travers le monde qu’il n’en faut pour enrayer la famine.
Il y a plusieurs choses qui ne tournent pas rond dans notre société. Il y a, selon moi, et c’est le meilleur exemple : l’argent. Avec cet argent, nous achetons ce que bon nous semble. La personne qui est retournée à ses besognes, sans plus jamais penser aux petits Africains affamés jusqu’au prochain documentaire, se plaindra de nombreuses difficultés : ses vêtements sont démodés, son électricité coûte cher, les taxes sont chères, le prix du pétrole augmente encore, sa télévision est trop petite, la « BMW » coûte cher à réparer, mais elle ne se dira jamais qu’elle a faim. Pourtant, cette personne a le don de changer le cours des choses. Parce qu’elle a l’argent ! Tout ce dont elle se plaindra concernera l’argent, même si elle en a.
D’accord, j’ai écrit pour écrire penserez-vous, mais aussi pour vous faire réaliser que nous chialons pour chialer, que c’est notre argent qui refait la charte des droits de l’homme. La charte est appliquée à celui qui gagne son pain. Nous sommes les adultes de demain, nous aurons la parole aux élections et, qui sait, certains d’entre nous deviendront peut-être ceux qui dirigeront ce monde. Je t’écris à toi qui te rendras loin parce que tu peux changer le cours des choses. Nous le pouvons. Il suffit de s’y mettre et de commencer à changer ce qui est à l’intérieur de nos frontières. Ne commençons pas tous à écrire, agissons plutôt. Ce sont les actes dont l’on se souvient le plus. Les écrits entrent dans les archives et n’y ressortent, pour la majorité d’entre eux, jamais. Les paroles, elles, s’envolent. Même si l’Afrique t’importe peu, ton ami tourmenté par ses problèmes familiaux, ta meilleure amie violentée par son amoureux ou ton copain dans la drogue t’amèneront peut-être à réfléchir et, j’espère, à agir pour une cause qui, selon toi, te concerne plus que tout.