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Né sous le signe de la différence

Francis Lalanne ne fait rien comme tout le monde.

Il naît entre ciel et terre loin de toutes frontières… dans un avion qui ramène ses parents du moyen orient. 

Quoi de mieux pour un rêveur que de naître au beau milieu des nuages ?
Finalement déclaré à Bayonne, au pied des Pyrénées, le 06 aout 1958, Francis Lalanne naît enfant du monde, d'une mère uruguayenne et d'un père français.
Outre ses origines diverses (basque, uruguayenne, libanaise, française), le métier de son père, fonctionnaire international aux Nations Unies, permet à toute la famille de beaucoup voyager.

C'est finalement en Uruguay que Francis et ses deux frères, le réalisateur René Manzor et le guitariste Jean-Félix Lalanne, passent leur enfance. Une enfance culturellement riche, entre deux civilisations, jusqu'à ce que les Lalanne retrouvent la France et le cosmopolitisme de Marseille, « ville de son cœur », à l'aube des années 1970.

Francis conservera de ces voyages une soif inextinguible de métissage et de découvertes, ainsi qu'une curiosité pour toutes les cultures et tous les modes d'expression. Son oncle José Aïub Manzor, grand poète Uruguayen, consul général d’Uruguay au Liban, initie Francis à la poésie dès son plus jeune age, et son père, grand amateur de poèmes, à l’art de la déclamation.

  

Vers l'âge de 13 ans, il découvre la chanson. Il commence par jouer de la batterie puis de la guitare avant d'apprendre sérieusement le piano. Il apprend à son frère Jean-Félix, les rudiments de l’instrument à six cordes et incite le troisième larron, René, à apprendre la contrebasse, pour former avec eux un premier groupe baptisé « Bibi Folk ».

Un saltimbanque studieux

Si la chanson passionne le jeune Francis, il veut aller plus loin et complète sa formation artistique. Il travaille comme un forcené et ses efforts sont vite récompensés : 1er prix et médaille d’or du Conservatoire d’arts dramatiques et 1er prix du Conservatoire d’art lyrique de Marseille. Il n’en demeure pas moins un bon élève et obtient son bac littéraire (latin grec) avec mention très bien.

Fort de ces quelques bagages, Francis monte à Paris et s’inscrit à la Sorbonne. Il poursuit ses études dans la capitale et sa formation artistique sur le tas en jouant dans la rue et les restaurants et en donnant de multiples concerts dans des lieux improbables (hôpitaux, prisons, etc.). Le saltimbanque est aussi cet étudiant studieux qui obtient sa licence de lettres.

Parallèlement, ses premières compositions prennent forme. Francis possède la force et la créativité du poète. Avec une maquette sous le bras, il court les radios et les maisons de disques mais en vain. Jusqu'à ce beau jour de 1979 où Jean-Louis Foulquier, journaliste radio et fondateur des Francofolies de La Rochelle, tombe amoureux de ses premières chansons.

Subjugué, il programme en boucle « La maison du bonheur » sur les ondes de France Inter. La réaction des auditeurs est unanime. Comparé au grand Ferré, Lalanne est d'entrée plébiscité par un large public. Dès 1979, le succès de son premier album, grand prix des disquaires de France et disque d’or au bout de trois mois, l'entraîne sur scène.


La même année 1980, il fait la connaissance de Ferré. Les deux hommes se lient immédiatement d'une amitié fraternelle sans limite. Le vieil homme salue le talent du jeune chanteur, qui en retour, voue une admiration sans borne à son aîné.