| Accueil - Cyber-cartes | |||
Salle de lecture
TEXTE La maison aux 52 portes J'étais affreusement déçue d'avoir si peu appris. Décidément, la maison aux cinquante deux portes garderait ses secrets. Cinquante-deux... Y en avait-il vraiment cinquante deux ? Et si je vérifiais ? Je n'avais de toute façon rien à faire pour m'occuper. Je commençais mon enquête par le sous-sol, parce que c'était le plus simple : les portes étaient alignées au garde à vous de chaque côté d'un couloir central. Au moment où j'arrivais à la dernière porte des caves, j'aperçus par la fenêtre papa qui filait vers la voiture. L'eau giclait autour de lui. Il y en avait maintenant une vraie nappe qui noyait littéralement la propriété. Heureusement, la maison se trouvant en hauteur, nous ne risquions pas l'inondation. Papa courait, les épaules un peu voûtées pour se protéger de la pluie, et je me demandais soudain pourquoi on arrondissait ainsi le dos sous les intempéries. Pour se protéger le ventre ? Est-ce que seul le ventre était important ? Alors, on aurait finalement un côté pile et un côté face, et le côté pile - le dos -, on s'en ficherait ? Juste parce qu'on ne le voit pas ?A quoi ça sert, le dos ? A s'appuyer, à s'allonger. Juste une armature, en somme. Le côté face assure notre survie. Respirer. Manger. Voir. Sentir. Echanger avec les autres en parlant, en souriant en grimaçant, en embrassant, en donnant des gifles ou des coups de pied... J'en étais là de mes cogitations lorsque je vis mon père ressortir de la voiture et reprendre sa course vers la maison. Je remontai. - Eh bien ! s'exclama t'il tout essoufflé en retirant son ciré. J'ai entendu la météo à la radio : il fait beau partout ! ... - ça veut dire que le soleil ne va pas tarder à se montrer, s'exclama maman plein d'espoir. - Ma parole, on a un microclimat, ici ! ajouta papa. On se croirait en octobre. En octobre ? Se pouvait-il que ce temps pourri soit... celui du 12 octobre 1916 ? Allons... - Quest-ce que tu fais, Maïlys ? - Euh... je compte les portes. - Pour savoir s'il y en a bien cinquante-deux ? demanda mon père. Bonne idée ! ça ne mange pas de pain et ça occupe sainement. - Tu ne les auras pas toutes, observa maman. Parce que dehors... - Oh si, on les aura toutes ! décréta papa. Je remarquai qu'il avait dit "on", et se considérait donc comme partie prenante dans cette affaire. Il saisit de nouveau son ciré qui gouttait encore sur le carrelage et décréta : - Je vais compter celles de l'écurie, de la buanderie, du bûcher, de l'appentis... Il sortit. Moi, mon carnet et mon crayon à la main, j'entrepris de vérifier le rez de chaussée. - Sept ! lança mon père en faisant une réapparition tout aussi dégoulinante dans le hall. Et tandis que j'ajoutais sept traits sur ma feuille, il annonça : - Maintenant, je vais voir le grenier et les chambres de bonnes. Il me parraissait excité comme un gosse. Lui aussi, finalement, il aimait bien jouer au Mystère. Evelyne Brisou Pellen -------------------------------------------------------------------- Berçeuse de Noël Comme autrefois,
Endors-toi, mon enfant. Au firmament
Endors-toi, en rêvant.
Dors pourtant, mon enfant ...
Jacques Goudeaux -------------------------------------------------------------------- TEXTE
Melbeau Siteweb -------------------------------------------------------------------- TEXTE
Les enfants Victor Hugo (Recueil les voix intérieurs) Les enfants sont une richesse vivante ! L'argent est une richesse sans vie
|
|||
| Accueil - Cyber-cartes | |||