Je dois dire que je suis heureuse de faire le récit de moi-même bien qu’il ne soit pas glorieux. Au moins il servira d’exemple à d’autres personnes afin qu’elles comprennent le tort que nous faisons à autrui et à soi-même.
Il y eût et il y a encore chez moi une grande cruauté et perversité qui ne se traduit ni en actes ni en paroles mais en pensées. C’est un aveu bien douloureux et bien pénible pour moi, mais la servitude de mon inconscient au mal est naturelle.
Ceci est si naturel pour moi que j’insulte intérieurement quelqu’un tout en conservant le plus aimable des regards. C’est ainsi que je confonds tout le monde en masquant ce mal.
Dans cette force démoniaque, je ressens du plaisir à me focaliser sur toute personne que je côtoie, mais surtout les hommes. Je peux projeter ma haine de moi-même et mon désir de séduire incontrôlables sur une personne à distance et rien qu’en la visualisant. Ces énergies concupiscentes passent dans la personne et celle-ci, ne sachant d’où elles viennent, croit exprimer réellement des pensées de désir en ce qui me concerne. Ces énergies très puissantes peuvent lui faire perdre la tête et elle croira vraiment être attirée. En fait, ce sont mes propres énergies qui ont pris possession de cette personne. Une fois le désir assouvi, la personne va se détourner rapidement car ce désir concupiscent ne lui appartenait pas. Le pouvoir que je possède pour contrôler les gens et les faire venir à moi est à la fois irrésistible et effrayant parce que j’en éprouve du plaisir.
Sachant que je suis incapable d’utiliser les énergies de l’Amour Véritable, je m’ingénie à tourner toute chose dans le mal.
Ce sont ce jeu et ce déguisement malsains qui m’ont séduits parce que j’ai découvert que le mal est plus opérant que la perfection.
Je ne pouvais plus faire autrement et tout le monde y est passé même ceux que je voulais aimer et ceux qui m’étaient proches. Je finissais même par détester ceux qui me faisaient et qui me font du bien.
J’aimais être à la merci de mes propres égarements. L’Amour est béat et tranquille, le mal comporte des risques et des sensations. Je me disais : à quoi sert la plénitude de l’Amour puisque l’on vous prend pour une imbécile. En faisant le mal, je pensais que j’étais moins imbécile que les autres puisque je réussissais à imposer ma volonté en violant l’esprit d’autrui en y semant les graines du malheur par des désirs concupiscents
Par le mal, je me distingue des autres. Je développe cette usurpation du pouvoir de Dieu pour m’en servir à des fins égoïstes avec une faculté étonnante.
Je ressens de la fierté en abattant mes cartes avec mon physique d’ange. J’aime provoquer des scandales et susciter la hargne chez les autres car cela me donne plus de prix. Je domine enfin la situation. Ma médiocrité n’en souffre plus et j’ai l’impression d’exister.
Concernant plus précisément la manière dont le mal agit en moi, je vous en donnerai la description suivante : Je ressens d’abord une aversion inconsciente immédiate, qu’elle soit physique ou psychique, contre un fait ou une personne. Mon inconscient cherche la cause de cette aversion. Il l’a déjà trouvée dans les énergies concupiscentes siégeant dans le bas du corps. Sans aucune raison apparente, il trouvera toujours une bonne raison pour voir le mal quelque soit la personne. Dès lors, cette aversion s’amplifie et cherche à monter pour atteindre le conscient. A partir de là, le conscient, totalement dominé par l’inconscient, formule la pensée incontrôlable qui atteint sans problème son destinataire. Si j’ose dire, l’opération est renouvelable autant de fois que l’on veut.
Cette aversion devient un véritable automatisme et il m’est alors impossible de contenir et d’évacuer même par des moyens extérieurs. Des moyens tels que le sport ou tout autre activité peuvent m’en détourner momentanément mais il est déjà trop tard car le mal est enraciné. Mon incompréhension et mon ignorance du monde divin m’ont rendu esclave de cette conscience du mal qui est multiple. J’attribuais mes maux aux autres et à Dieu. Au lieu d’essayer de comprendre, je finissais par m’enfoncer de plus en plus.
Les conséquences de mon amour pour le mal furent désastreuses pour ma vie. Non seulement je devenais acariâtre, impatiente et négligente dans mon travail mais mes rapports avec autrui devenaient conflictuels. J’étais rejetée de partout. Mes projets et ma créativité se limitaient. Je devenais le jouet du mal que j’avais produit. Je souffrais de plus en plus d’un sentiment de culpabilité. Ce mal obsédant hantait mon sommeil. A bout, j’ai supplié Dieu qu’il me délivre tout en sachant que j’étais l’auteur de mon propre malheur.
A l’heure actuelle, je fais un travail spirituel sur moi-même, non pas pour me glorifier car ce serait une fois de plus rentrer dans ce jeu infernal, mais pour libérer en moi le Véritable Amour de Dieu.
Que Dieu sème en moi l’Amour parfait dans toutes ses formes. Je travaille encore dur aujourd’hui mais je sais, qu’en Dieu, tout est possible.
S R…….une patiente de Mme Danielle Voinot
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