Toute chaussure de sport devrait répondre à trois objectifs

  1.  Protéger le pied sans l'agresser.
  2. Favoriserle geste sportif pour optimiser la performance.
  3. Aider à la prévention des divers incidents ou accidents ostéo-tendineux du pied mais également des étages articulaires supérieurs.

Si les chaussures de course actuelles répondent bien au premier point, force est de constater que sur les deux autres objectifs il existe inconstestablement de graves lacunes.
Certains modèles, non seulement, ne remplissent pas ces deux dernières missions,
mais font tout le contraire de ce pourquoi elles ont été conçues !

En effet, lorsqu'un coureur se retrouve en hyper-pronation en raison d'une semelle trop molle, toute la mécanique du déroulement du pas de course se trouve perturbée, le geste sportif ne peut alors véritablement être au mieux de ses possibilités, et ce déséquilibre du pied ouvre la porte à des contraintes ostéo-tendineuses multiples.

L'amortissement excessif... voilà bien le coupable
Certains concepts d'amortissement excessif sont générateurs de blessures alors qu'ils sont conçus justement pour les éviter.

Il est vrai que des études sérieuses ont montré que les forces qui s'appliquent à l'instant de la prise de contact au sol sont égales à environ 3 fois le poids du sujet.  Comme notre société de consommation montre un appétit immodéré pour les produits de haute technologie, alors chaque coureur achète de l'air, des micro-billes, du vide, de l'ultra-léger, des alvéoles en nid d'abeille...
Qu'il souffre un jour d'une douleur en courant, la conclusion s'imposera d'elle même : "mes chaussures n'amortissent pas assez!" et plus il amortit, plus il souffre !
Les chaussures à fort amorti sont de véritables éponges sous le talon (A cet endroit, incapables de contenir la poussée du pied, elles s'effondrent litteralement à chaque appui, entraînenent une forte pronation).
Or la pronation excessive est bien plus dangereuse à terme qu'un manque d'amortissement !

Les chaussures bon marché, par définition, ne bénéficient pas de tous ces systèmes sophistiqués d'amortissement, et ce qu'elles perdent de ce côté est tout bénéfice pour la stabilité du pied. Certains coureurs ont pu constater à leurs dépens, l'apparition de blessures suite à un changement de chaussures. L'analyse comparative entre les anciennes chaussures et les nouvelles montrent que ces dernières sont génératrices de pronation ou d'hyper pronation. Le retour à un semelage moins amortissant mais plus ferme et donc plus stable, entraîne la disparition des troubles.

Quelle chaussure pour bien courir ?
Si l'intensité de la collision plantaire avec le sol est violente, on sait que ce pic est en réalité extrêmement bref et qu'il correspond à l'attaque du pas en postéro-externe.
La chaussure idéales doit donc amortir uniquement sur sa partie postéro-externe.

Passé ce redoutable instant de violence, le pied continue sa progression et prapare l'atterissage de l'avant pied. La ligne de charge se déplace de l'extérieur vers l'intérieur, et tout l'effort s'exerce sur la partie postéro-interne de la semelle inercalaire.
A ce stade il ne faut plus amortir, il faut stabiliser et ne pas amplifier la pronation psysiologique.

La chaussure idéale doit être souple en dehors, ferme en dedans.

Il ne faut pas oublier la biomécanique du membre inférieur qui, en se déformant par une triple flexion progressive de ses articulations principales (tibio-tarsienne, genou, hanche), va ainsi, absorber et participer activement à l'amortissement du choc de contact. Votre membre inférieur se comporte exactement come la fourche téléscopique d'un deux roues : la déformation de ce ressort abdorbe le choc. Votre membre inférieur est otut le contraire d'un levier rigide et indéformable.

Voici en ce qui concerne la semelle intercalaire, lieu de tous les débordements publicitaires. Il est d'ailleurs amusant de remarquer que certains concepts ont réussi à résoudre le problème de la quadrature du cercle, puisqu'ils proposent à la foix un maximum de stabilité et d'amortissemement. Hors ces deux notions sont contradictoire!...

Axes droits ou axes courbes ?
Une chaussure est dite à axe droit lorsque sa semelle est très large a niveau du médio pied, à l'inverse d'un axe courbe est plus ou moins évidé à ce même endroit. La conséquence sur la stabilité du pied est immédiate et relève d'un principe élémentaire du physique : plus l'assise est large, plus elle est stable.

En conséquence, une large semelle à axe droit, offrira un contre appui stable au niveau du médio-pied, et limitera la bascule en pronation. C'est un modèle à conseiller impérativement au hyper-pronateurs, mais également aux pieds normaux, à fortiori si le sujet est lourd.

A l'inverse un axe courbe est une chaussure déséquilibrée basculant plus facilement en pronation. Elle doit donc être réservée aux très rares sportifs qui restent supinateurs à la course. Les coureurs à pieds normaux les éviteront, car le risque de voir apparaître une pronation n'est pas négligeable, surtout si cet axe courbe est combiné avec une semelle molle.

Enfin, pour conclure, il faut savoir que les chaussures dites anti-pronation ou anti-supination ne peuvent pas tout régler dans tous les cas. Leur but n'est pas de corriger le défaut morphologique mais d'empêcher son aggravation, et permettre à une éventuelle semelle orthopédique de correction, d'exercer pleinement son action.

Modèles pour pronateurs
Les modèles pour pronateurs sont renforcés sous le talon dans sa partie interne, et la semelle intercalaire à ce niveau est très ferme.
Il peut s'agir de semelles intercallaires bi-densité : un matériau peu compressible reconnaissable généralement à sa couleur grise, reforce le talon, le reste de la semelle est plus souple, identifiable à  couleur blanche.
Le fin du fin en la matière consiste toutefois à renforcer cette partie de la semelle par en pièce rigide en résine indéformable. Les applications commerciales sont variables d'une marque à l'autre, et c'est sous doute le système le plus efficace.

En résumé, pour les personnes pronateurs ou hyper pronateurs, il faut retenir deux critères de choix :

  • Semelles larges (axes droits)
  • Semelles fermes sous le talon (avec renfort en résine si possible)

Pour les coureurs "dits universels" c'est à dire normaux, rien ne s'oppose, surtout si vous êtes lourd, à ce que vous utilisiez de tels modèles renforcés : vous êtes surs d'avoir une excellente stabilité.


PRONATION - SUPINATION, QU'EST CE QUE C'EST ?

  • Chez un sujet normal l'axe du talon est vertical.
  • La pronation est la déviation du pied, telle que celui-ci se couche vers l'intérieur, la voute plantaire s'affaisse.
  • La supination est strictement l'inverse de la pronation, le pied est en hyper-appui sur l'extérieur.


Le sujet est examiné en position debout immobile mais ce premier bilan ne présage en aucun cas de ce qui se passera lorsque vous courez.

  • Si vous êtes "normal" : vous pouvez rester convenablement équilibré en courant, mais vous pouvez aussi devenir pronateur, sutout si vous chaussures sont trop molles sous le talon. En effet,à la course il existe, de façon normale, une légère pronation, elle est nécessaire au bon fonctionnement de votre pied. Mais surtout pour les sujets lourds (75 kgs et plus) une mauvaise chaussure à amorti excessif peut vous faire devenir hyper-pronateur en courant alros que vous êtes normal en statique ! C'est un piège fréquent et classique de l'examen du coureur à pied : le praticien que vous allez consulter pour un problème doit, entre autres, IMPERATIVEMENT vous examiner en vous faisant courir avec vos runnings !
  • Si vous êtes pronateur : votre pronation observée en statique ne peut en aucun cas se corriger d'elle même en courant, au contraire, le plus souvent elle s'aggrave. Attention pour vous aux chaussures trop molles : Il vous faut impérativement des chaussures avec contrôle de la pronation, dignes de ce nom.
  • Si vous êtes supinateur : votre pied est assez imprévisible à la course : vous pouvez redevenir normal, passer en pronation (ce n'est pas exceptionnel du tout), ou rester supinateur. Seule l'étude de votre course chaussée permettra de déterminer votre équilibre dynamique.

 

EXAMINEZ VOS CHAUSSURES POUR DETERMINER VOTRE MORPHOTYPE

Vous avez vu ce qu'était la pronation, la supination, et comment on la visualisait en matérialisant l'axe du talon.

Vous allez appliquez le même principe sur vos runnings, à condition qu'elles aient un nombre suffisant de kms. Poser les sur une table et regarder le dos :

  • Si vos chaussures sont restées droites, alors vous ne présentez pas de déséquilibre à la course en pronation ou en supination, tout va bien.
  • Si elles s'affaissent vers l'intérieur, alors vous pouvez être sûr que votre course s'effectue en pronation.
  • A l'inverse, si elles basculent sur l'extérieur, c'est que vous etes supinateur.

 

Ce test est d'une fiabilité quasi abdolue : la chaussure ne vous mentira jamais.

 

 

  

  1. rembourrage de la languette de protection.
  2. empeigne en nylon.
  3. semelle d'usure ou de contact du sol.
  4. semelle intercalaire ou intermédiaire (là ou siègent les fameux concepts).
  5. système d'amortissement.
  6. semelle intérieur de propreté.
  7. contrefort de maintien de l'arrière pied.
  8. Rembourrage intérieur de la tige.

 

D'après l'article du Docteur NOVIEL - PODOLOGUE (94)

 

 

Dernière mise à jour de cette rubrique le 03/06/2008