Le Soleil et la Lune

Chaque jour, le Soleil et la Lune éclairent le Bouclier. Mais leur cycle éternel cache une terrible douleur.


Comme il est conté ailleurs, à leur arrivée sur le Monde, les Dieux connurent de ternes contrées, illuminées par les pierreries des atours de l'Unique. Ils y apportèrent la magie et la beauté, avant d’y mettre la violence et la guerre. Pourtant, en foulant les jardins de Naëdhaï, un Dieu fut fasciné par la beauté des flammes qu’avaient provoquées la foudre en s’abattant sur un arbre. Ce Dieu, Idhulvar, créa alors d’innombrables feux, depuis d’éphémères étincelles jusqu’à de colossaux brasiers qui rugissent encore, et continueront à brûler jusqu’à  la fin des temps, dévorant d'incommensurables forêts depuis des millénaires.

Plus que tout, Il aimait la lumière produite par Ses créations. Il passa des années, perdu dans la contemplation du jeu d’ombre produit par les flammes. Puis naquit en lui le désir d’allumer un feu qui illuminerait le Monde entier. Mais un tel brasier consumerait le Bouclier. Il fallait qu’il trouvât un élément du Monde qui pourrait demeurer dans le ciel. Il Se fit alors forger une barque d'électrum, et S’éloigna de Ses frères. Il S’envola vers le firmament dans sa nef étincelante et S’embrasa dans un rugissement de tonnerre. Une seule matière pouvait brûler durant l'éternité sans s'altérer : la chair des Dieux. En étendant ses larges ailes ardentes, Il Se maintint à plusieurs dizaines de lieues du sol, et put observer de Ses yeux radieux chaque parcelle du Bouclier. Sa barque enchantée revint sur le Bouclier, où les Ilfari lui bâtirent des millénaires plus tard un grand sanctuaire. Le Divin Scribe Lui-même l'employa pour remonter le cours du fleuve du Temps, et acquérir la science de ce qui était avant l'Unique.

Les jardins de Naëdhaï résonnèrent des cris de joie et de ravissement des Dieux devant cet astre fabuleux. Idhulvar traversa le Monde, puis voyagea dans les profondeurs du Bouclier pour reparaître à l'aube. Le cycle immuable des jours commença.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Puissances Noires craignent le Soleil et ne s'Y attaquent pas

Chaque matin, Il observait une Déesse à la beauté merveilleuse se baigner dans une vasque d’argent. Son nom était Darnimanur. Il admirait Son teint d’ivoire, mais dès que la Déesse levait les yeux vers lui, Il S’éloignait de Naëdhaï.

La jeune Déesse, dans son éblouissante beauté, était quant à Elle émerveillée de la flamboyante splendeur d’Idhulvar. Désespérant de sentir Son regard dans Son dos sans pouvoir L’observer, Darnimanur déploya Ses ailes, et S’envola vers le Soleil. Quand Il La vit, Il vola à Sa rencontre, mais Sa chaleur était insoutenable pour les fragiles plumes blanche de Darnimanur.

Avant qu’Il ne S’en aperçût et S’éloignât autant qu’Il le pouvait, de sombres tâches étaient apparues sur le pur plumage de Darnimanur. Rendue muette par la douleur, Elle patienta, immobile dans le ciel rendu nocturne par l’absence du Soleil. Lentement, Ses plaies se refermèrent, mais là où Sa chair avait été brûlée, des taches argentées subsistèrent sur Sa peau. Elle Se mit alors à la recherche de Son aimé, qui S’éloignait d’Elle, hanté par le souvenir des douleur qu’Il Lui avait infligées.

Sur le Bouclier, les Dieux ne virent rien de cela après le départ du Soleil. De Darnimanur, Ils ne distinguèrent plus qu’un œil luisant, qui lentement Se ferma pour verser une larme, puis Se rouvrit et partit à la suite du Soleil.

Depuis ces évènements, la Lune poursuit le Soleil dans le ciel, en pleurant lentement sur Son malheur. Son cycle provient du clignement de ses yeux. Certains matins, alors qu’Elle S’apprête à plonger dans les profondeurs supérieures du Monde, Elle S’attarde pour contempler le lever du Soleil, mais jamais trop longtemps, de peur de ne pouvoir rattraper Son retard.


Note terminologique : Tout au long de cette article, Idhulvar est désigné comme le "Soleil". Cette page (ainsi que quelques autres du Livre des Dieux) est la seule sur laquelle votre serviteur le nommera ainsi, car ailleurs il ne s'y réfère pas comme à un Dieu, mais comme aux astres, dont la nature divine n'a pas été acceptée par tous les maîtres du savoir de Nil Soril (la majuscule n'apparaîtra donc pas).

 

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 21/07/2008

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