Bibliothèques et enfants : quelles lecteurs pour demain ?
billet d'humeur...
Les bibliothèques françaises ne sont certes pas à la pointe du progrès, n'ayant pas la même place dans notre société qu'ailleurs dans le monde, et celles de Paris encore moins...Il n'est pas question ici de parler des 'désastreuses aventures des bibliothèques municipales parisiennes' depuis ces dernières années ni même de la dictature culturelle et de la catastrophique gestion municipale (s'il vous plait Monsieur le Maire, pour une fois acceptez cette modeste critique!), non, mais de l'évolution inéluctable de celles-ci, à Paris et ailleurs...
Leur rôle en effet risque d'être minimisé et la culture enfantine inexistante. Sans compter le concept du tout hight tech, où les livres servent l'informatique et non l'inverse, il n'est plus de bon goût semble t-il d'individualiser le lecteur, ni même de prendre en compte son âge.
Au-delà de la réduction du personnel, du recrutement de bas niveau presque aussi bas que le salaire proposé, il est bien vu que les bibliothécaires soient adaptables à n'importe quel poste et que tous les publics soient mélangés. Un enfant est accueilli alors comme un adulte. Il doit également se débrouiller seul avec les outils proposés. Il doit être aussi lui-même aux normes afin de ne pas troubler l'ordre et le bien être des autres publics. Voila donc un bon nombre d'enfants qui ne fréquenteront plus les bibliothèques... Mais ce n'est pas tout. Il y a les 'TR' : les taux de rotation...
La nouvelle politique met en avant le principe qu'un livre souvent emprunté assure la qualité de celui-ci. Nous savons qu'un enfant est très influencé par le choix, les critères de l'adulte qui l'accompagne. Hors celui-ci est lui-même influencé par ses propres lectures d'enfance -la littérature jeunesse a fortement évolué ces dernières années- mais aussi par les médias et surtout par sa conception même du livre, alors qu'elle est encore libre pour les enfants, sans entrer dans un genre ou une forme précise.
En considérant que l'enfant a la 'chance' d'échapper un peu aux conseils de l'adulte, que lui reste t-il si le bibliothécaire présent est incapable de le renseigner, conseiller et s'il n'a pas lui-même l'habitude de lire et analyser les livres qui lui sont destiné?
Le livre doit assouvir un plaisir immédiat...enfin comme tout le reste d'ailleurs... Espérons retrouver le plaisir d'échanger nos émotions de lectures, de lecteurs. Mais lorsque l'on constate que la priorité de notre capitale est d'ouvrir les bibliothèques le dimanche -avec des vacataires ou étudiants- dans une autre optique, d'harmoniser les horaires afin de ne plus tenir compte des spécificités des accueils, des publics et de la vie des quartiers, d'uniformiser au maximum les idées, de ne pas tenir compte de la spécificité du métier de bibliothécaire 'jeunesse' et de préférer un livre commercial à la lecture -même 'grand public'-, nos espoirs restes minces.
Mais rassurons-nous, notre société éolue rapidement et l'on se moquera bientôt de ces idées...
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